La Chine promet un été chaud aux marchés financiers
En début d’année, rares étaient les investisseurs à citer la Chine comme une potentielle menace pour les marchés financiers en 2018. Mais ces derniers jours, les regards se tournent à nouveau avec inquiétude du côté de Pékin. Le ralentissement de l’économie locale et les tensions commerciales avec les Etats-Unis font dévisser la Bourse chinoise. A Shanghai, les grands indices boursiers plongent déjà de 18% depuis le 1er janvier. Ce climat a également poussé en juin la banque centrale de Chine à assouplir sa politique monétaire. Résultat, le renminbi s’est déprécié de 3% en un mois face au dollar, et les économistes revoient leurs prévisions afin d’intégrer une poursuite de la baisse. Cette dépréciation pourrait à son tour convaincre les investisseurs non-résidents de se retirer davantage du marché actions.
Des indices boursiers et une devise qui dévissent, la Chine a déjà connu cela : c’était à l’été 2015. A l’époque, les boursicoteurs locaux avaient alimenté l’euphorie sur les actions chinoises en s’endettant. L’éclatement de la bulle avait été violent, avec un plongeon des prix de 40%. Pékin avait même dû geler une bonne partie des transactions boursières pendant plusieurs jours. Les secousses avaient gagné l’ensemble des places financières mondiales, provoquant un krach éclair le 24 août 2015 sur le marché des fonds indiciels cotés à Wall Street.
La crise s’était cependant révélée de courte durée, et au bout du compte, sans conséquences graves. Une éventuelle répétition de 2015 interviendrait cette année dans un tout autre contexte. La chute des actions chinoises semble aujourd’hui imputable aux investisseurs institutionnels et non aux particuliers. Surtout, le climat politique est plus inflammable, tandis que sur le front monétaire, la Réserve fédérale américaine s’engage résolument vers une restriction de la liquidité. Attention donc à un possible coup de chaud sur les marchés cet été.
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