La Chine perd de son appétit pour les titres libellés en dollars

Le pays a investi une moins grande part de ses réserves de change en devise américaine. Reste à savoir qui bénéficie de cette diversification
Solenn Poullennec

La Chine ne serait plus aussi gourmande en titres américains qu’avant. Même si le pays reste très discret sur l’allocation de ses réserves de change, la part d’actifs en dollars au sein des réserves de change chinoises est tombée à 54% contre 65% en 2010, selon les calculs du Wall Street Journal faits à partir des statistiques du Trésor américain.

Celles-ci montrent pourtant que la demande étrangère pour les titres en dollars a progressé de 17% environ pour atteindre 12.520 milliards de dollars entre juin 2010 et 2011. De façon générale, le rythme d’achat des titres américains par le gouvernement chinois ne suit pas l’augmentation des réserves de change nationales. L’achat de titres américains n’a représenté l’année dernière que 15% de l’augmentation des réserves chinoises sur douze mois, contre 45% en 2010, selon les calculs du journal.

Ce mouvement traduit la tentative de diversification par la Chine de ses réserves, estimées à 3.200 milliards de dollars. Le pays ne manque pas de raisons pour le faire. Les titres du Trésor américain offrent des rendements très faibles, malgré la dégradation du pays par Standard and Poor’s l’été dernier. Les Etats-Unis sont aussi loin d’avoir résolu leur problème d’endettement massif, ce qui peut attiser les craintes d’inflation. Certains experts font également valoir que ce relatif désengagement traduit un recul de l’investissement dans les titres des agences telles que Fannie Mae et Freddie Mac. D’autres soutiennent que la Chine a profité d’un dollar relativement fort pour se diversifier à bon compte.

Reste à savoir où sont investies les réserves de change chinoises. Apporter une réponse définitive est impossible étant donné le mutisme du pays. Néanmoins, les dirigeants chinois ont affirmé à plusieurs reprises ces derniers mois qu’ils étaient prêts à soutenir l’Union européenne. La Chine a ainsi participé aux émissions du Fonds européen de stabilité financière.

Enfin, le pays pourrait investir en or. Le dernier rapport publié par le Conseil international de l’or, estimait que les achats d’or par des banques centrales des pays émergents avaient augmenté de 500 tonnes au cours des deux dernières années. Les institutions d’émissions, notamment du Mexique, de Russie, de Thaïlande et de Corée du Sud, y verraient un bon moyen de réduire leur dépendance aux titres d’Etats.

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