La Chine monte au créneau pour défendre la cause des fonds souverains

Selon les propos d’un officiel chinois dans la presse locale, les pays occidentaux doivent se garder de tout sentiment de protectionnisme
Tân Le Quang

La Chine prend le parti des fonds souverains. Dans un entretien accordé au China Business News, Wei Benhua, le vice-président de l’administration chinoise des changes a déclaré que « les nations riches ne doivent pas avoir une attitude discriminante envers les fonds d’Etat » et « doivent se garder de tout sentiment de protectionnisme ». Selon lui, depuis le lancement en septembre de China Investment Corp (CIC), le fonds d’investissement national gérant 200 milliards de dollars a attiré l’attention du reste du monde et « certains pays ont véhiculé de manière intentionnelle l’idée d’une menace de la Chine ». En 2007, les nombreuses prises de participation de ces fonds d’Etat dans des sociétés stratégiques situées dans des pays industrialisés ont effectivement suscité des craintes de la part des politiques qui ont appelé en retour des contrôles de leurs investissements.

L’année dernière, ces acteurs ont dépensé 33 milliards de dollars. A lui seul, le CIC a pris plus de 8 milliards de dollars de participations dans Morgan Stanley et Blackstone. Selon le FMI, les actifs qu’ils gèrent atteindront les 10.000 milliards de dollars d’ici 2012. Ils sont estimés aujourd’hui entre 2.000 et 3.000 milliards.

L’officiel chinois préconise un « renforcement non précipité de leur transparence » et ajoute que le fonds chinois, lui, respectera toutes les lois des pays dans lesquels il investira, et participera activement aux discussions globales autour des réglementations couvrant les fonds d’Etat. A ses yeux, ces véhicules peuvent atténuer le « credit crunch » actuel et leurs stratégies d’investissement peuvent aider à aplanir les fluctuations de marché. En novembre, Lou Jiwei, patron du CIC, avait précisé que les fonds d’Etat ont « d’une manière générale une approche long terme » et que l’entité chinoise se présente comme une « force stabilisante sur les marchés de capitaux ». Peu après l’annonce par Abu Dhabi Investment Authority d’un investissement de 7,5 milliards de dollars dans Citigroup, le responsable avait signalé la possibilité d’investir dans des valeurs affectées par la crise du subprime. En 2008, le fonds chinois devrait accélérer ses investissements à l’étranger, la Chine encourageant les sorties de capitaux pour limiter l’inflation et la flambée des prix des actifs. D’ailleurs, le CIC a reçu vendredi plus de 100 candidatures de gérants étrangers pour l’aider dans cette tâche.

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