La Chine manque d’arguments pour arrêter son resserrement monétaire
La Chine peine à juguler l’inflation. Après avoir décliné de 0,2% en mars, celle-ci a crû de 0,1% en avril. En rythme annuel, elle n’a reculé que de 0,1 point de pourcentage, de 5,4% à 5,3%, contre 5,2% attendu. Si la hausse des prix alimentaires s’est modérée de 11,7% à 11,5%, l’inflation non alimentaire est restée à +2,7%, son plus haut niveau depuis janvier 2005. Selon Bank of Tokyo-Mitsubishi UFG, ces données devraient amener les autorités chinoises à poursuivre leur resserrement monétaire jusqu'à ce qu’elles soient convaincues que les pressions inflationnistes aient atteint un pic.
Mais les variations mensuelles ont aussi confirmé la solidité de l’activité. La production industrielle s’est accélérée de 0,93%, contre +1,35% pour les ventes au détail et +3,08% pour l’investissement en capital fixe. En hausse annuelle de 25% en mars, ce dernier a crû de 25,4% en avril. En dépit des efforts de la Banque centrale chinoise visant à retirer de la liquidité (quatre hausses de taux et sept hausses des exigences de réserves depuis octobre), les nouveaux prêts ont bondi de 700 à 739,6 milliards de yuans (114 milliards de dollars). Après leur record de 1.042 milliards en janvier, ils s'étaient contractés à 535 milliards en février.
Pour autant, la vigueur de l'économie réelle semble s’effriter. En rythme annuel, la production industrielle a perdu un peu de sa superbe, progressant de 13,4% après 14,8% en mars et 14,6% prévu. Les ventes, elles, ont crû de 17,1%, après 17,4% en mars et 17,6% attendu. «Début mai, les données PMI d’avril ont montré un déclin modéré dans un mois qui a historiquement un fort biais haussier saisonnier, ce qui suggère que la croissance en Chine peut réagir à la politique de resserrement», rappelle Bank of Tokyo-Mitsubishi UFG. La croissance de la masse monétaire M2 s’est atténuée, passant de 16,6% à 15,3%.
Dès lors, Barclays s’attend à au moins une hausse des taux et des exigences de réserves au deuxième trimestre. Bank of Tokyo-Mitsubishi UFG note que l’appréciation du yuan aidera à limiter l’inflation importée. D’ailleurs, lors des discussions avec Washington, Pékin a réitéré que la Chine continuerait ses efforts pour rendre plus flexible le yuan. Le dollar/renminbi se traitait hier à 6,4930, soit une avancée de 2,7% du yuan depuis la fin 2010. Le marché anticipe une hausse de la parité de 2,3% d’ici à 12 mois.
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