La Chine joue les équilibristes entre relance et risque de crise du crédit

Le gouvernement compte ajuster sa politique économique au premier trimestre mais doit éviter les dérives du crédit héritées de la relance de 2008
Patrick Aussannaire

Pékin tente de colmater les brèches de son économie. Pour éviter une crise de la dette, le gouvernement chinois aurait demandé aux banques du pays d’allonger la maturité de leurs prêts aux collectivités d’un maximum de quatre ans, selon le Financial Times. Un moyen d’acheter du temps pour trouver une solution de long terme à un problème qui risque de faire tache d’huile. La dette des collectivités a atteint 10.700 milliards de yuans fin 2010, soit environ 25% du PIB. Or, plus de la moitié de cette dette doit arriver à maturité d’ici fin 2014. Un pari risqué qui pourrait mettre en cause la crédibilité du système bancaire chinois, qui porte les stigmates des effets du plan de relance de 2008. S&P s’était par ailleurs inquiété le mois dernier de l’effet qu’une telle mesure pourrait avoir sur les créances douteuses.

Les nouveaux prêts en yuans accordés par les banques ont atteint 1.800 milliards de yuans au quatrième trimestre 2011 après 1.500 milliards au trimestre précédent pour un total de 7.500 milliards sur l’année 2011 (après 8.000 milliards en 2010), selon Dragonomics. La part des emprunts dans le PIB a été réduite de 119% en 2010 à 116% en 2011. Sur l’année 2011, le montant des prêts hors-bilan a chuté de 34% à 2.500 milliards et sa part dans les financements globaux de 27% en 2010 à 20%. Signe inquiétant cependant: les prêts hors-bilan ont fortement rebondi au dernier trimestre à 394 milliards de yuans après avoir chuté à 13 milliards au troisième trimestre, mais restent en-deçà des 1.000 milliards constatés aux deux premiers trimestres.

«Politique fiscale proactive, politique monétaire stable». Telle est le leitmotiv que Pékin compte conserver. Le premier ministre, Wen Jiabao, a indiqué ce matin dans la presse chinoise que le gouvernement commencera à ajuster sa politique économique au cours du premier trimestre 2012. «Nous devons réaliser les ajustements nécessaires le plus tôt possible quand les évènements arrivent et prendre des mesures rapides» a-t-il ainsi indiqué. Des propos qui risquent de relancer les anticipations d’un assouplissement monétaire, même si les marges de manœuvre de la Banque populaire de Chine sont limitées par la hausse de la part des crédits non financiers dans le PIB de 160% en 2008 à 200% fin 2011. «Les marges de manœuvre pour une politique de relance ciblée sont plus larges» estime Dragonomics.

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