La Chine garde un double discours sur la purge du secteur immobilier
Pékin ne prend pas le risque d’un nouveau défaut sur le marché obligataire onshore. La semaine dernière, Huatong Road & Bridge Group (HRBG), une société spécialisée dans la construction d’infrastructures avait alerté le marché en portant à sa connaissance les incertitudes planant sur sa capacité à rembourser ses obligations. En cause notamment, les démêlés de son président sous le joug d’une enquête relative à des faits de corruption.
Le groupe de BTP est finalement parvenu le 23 juillet à trouver les 429 millions de yuans (51,4 millions d’euros) dont il avait besoin pour rembourser le principal et les intérêts de ses obligations. Pour s’en sortir, l’entreprise aurait, selon le Wall Street Journal citant une source sous couvert d’anonymat, «recouru aux comptes clients d’entreprises liées aux gouvernements locaux de la région», évoquant une «coordination active» des autorités.
Cette opération dénote avec l’affaire Chaori Solar, un fabriquant de panneaux solaires, devenu, en mars 2014, la première entreprise chinoise à reconnaître son incapacité à rembourser les intérêts - mais pas le principal - occasionnés par l’émission d’obligations. Pékin avait refusé d’intervenir, ce qui avait augmenté les craintes de défauts de paiement d’entreprises financées par l’intermédiaire de sociétés fiduciaires (trust loans). L’administration chinoise s’est montrée visiblement réticente à voir l’expérience se renouveler par peur d’assister à une hausse des primes de risque sur le marché.
Ce risque s’était déjà matérialisé en début d’année quand les marchés avaient affiché des signes d’inquiétudes à l’égard des produits de gestion de fortune (WMP) émis par certains établissements de crédit et qui permettent de contourner les limitations du crédit. Cet essor du shadow banking, dans lequel les banques gardent une part active, met en lumière la fragilité du système financier chinois.
«La correction du marché immobilier réduit l’appétit des promoteurs pour le foncier et tend les finances des gouvernments locaux, très endettés, qui comptent sur les ventes de terrains pour financer leur budget. Nous réitérons notre prévision qu’il y aura d’autres événements de risque de crédit individuel cette année», indiquaient les économistes de Nomura dans une note du 17 juillet.
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