La Chine fait face à un resserrement de ses conditions de liquidité
Une accélération de la politique d’assouplissement monétaire en Chine semble inévitable. La moyenne à 30 jours du taux Shibor 7 jours s’est tendu de 150 pb depuis mi-novembre à 4,55%, avec une hausse du rendement des obligations d’Etat à 10 ans de 15 pb depuis jeudi à 3,59%, au plus haut depuis décembre, malgré les mesures prises lundi pour soutenir la demande de logements.
«Malgré deux baisses de taux directeurs et une baisse du ratio des réserves obligatoires, les conditions de liquidités en Chine restent tendues et la croissance monétaire continue même à décélérer», indique ainsi SG CIB. A 4,4% sur un an, la croissance de la masse monétaire «M0» (comprenant les billets et pièces en circulation) est même tombée sous la croissance du PIB chinois pour la première fois depuis 2001.
Le ralentissement de l’accumulation des réserves de change a d’ailleurs conduit à un freinage de l’expansion de la taille du bilan de la PBOC, d’un rythme de 7,7% en 2013 à 6,6% l’an dernier. Le déploiement des nouveaux outils de politique monétaire de l’autorité chinoise, tels que les opérations de liquidités à court terme (SLO), la facilité de prêts à moyen terme (MLF) et les opérations de prêts garantis (PSL), permettant de prêter aux banques commerciales à des taux préférentiels, a certes entraîné une envolée de ses actifs domestiques de 32,4% l’an dernier. Mais ces mesures n’ont pas été suffisantes pour compenser le fort ralentissement de la hausse de ses actifs étrangers qui représentent plus de 80% de ses actifs totaux, à 2,3% sur un an l’an dernier, après 12,8% en 2013.
Dans ce contexte, «conserver le ratio des réserves obligatoires (RRO) inchangé conduit à un resserrement de liquidité tant que la croissance des dépôts dans le système bancaire (9,1% en 2014) dépasse celle des actifs de la PBOC (6,6% en 2014)» estime SG CIB. Et de préciser que pour conserver une politique monétaire neutre, une baisse totale du RRO de 190 pb cette année incluant celle de février sera nécessaire, à bilan constant.
La rémunération des réserves excédentaires, qui ont progressé en 2014 à un rythme de 10% supérieur à celui des actifs de la PBOC, pourrait aussi être abaissée. Mais avec un taux à 0,72% seulement, la marge de manœuvre est limitée. Les cessions des réserves de change entre novembre et janvier derniers pour gérer la devise ont également restreint la liquidité dans le système.
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