La Chine et le Japon lancent le trading direct entre leurs devises

Les places de Tokyo et de Shanghai accueilleront dès vendredi prochain les premiers échanges directs entre le yen et le yuan
Patrick Aussannaire

La Chine et le Japon renforcent leurs liens. Le ministre japonais des finances a annoncé ce matin que la deuxième et la troisième économie mondiale vont démarrer vendredi un échange direct de leurs devises sur les marchés de Tokyo et de Shanghai afin de dynamiser le commerce et les investissements bilatéraux entre les deux pays. «A partir du 1er juin, la parité entre le yen et le yuan sera cotée en continue sur les deux marchés, facilitant ainsi les échanges directs entièrement intégrés» a ainsi déclaré Jun Azumi.

Et de préciser qu’en ne recourant plus au dollar comme devise intermédiaire de règlements des échanges sino-japonais, «nous pourrons baisser les coûts de transaction et réduire les risques de contrepartie au sein des institutions financières, mais également accroître l’utilisation des devises de nos deux nations». Les économistes estiment qu’il s’agit d’un outil supplémentaire pour la Japon de lutter contre une appréciation du yen contre le dollar. «Cet accord fait partie de la volonté de réduire la dépendance au dollar. Le yen a été choisi du fait des forts liens commerciaux qui existent entre les deux pays» explique Dariusz Kowalczyk, stratégiste chez Crédit Agricole CIB. A l’heure actuelle, environ 60% des échanges sino-japonais s’effectuent par le biais du billet vert.

Dariusz Kowalczyk ajoute que «les volumes de trading sur le change sont certes restreints, mais cet accord pourrait s’étendre à d’autres devises. Ce premier pas rend en effet plus facile une extension du trading de change de la Chine avec les autres devises asiatiques». Les échanges transfrontaliers libellés en yuan représentent 10% des échanges totaux de la Chine, contre moins de 1% en 2010. Deutsche Bank estime que cette proportion pourrait grimper à 15% à la fin de l’année.

Si ces mesures «n’incluent pas d’ouverture des comptes de capitaux avec un accroissement des flux» selon HSBC, certaines barrières sont cependant en train d’être levées par les autorités chinoises. Bank of Tokyo-Mitsubishi UFJ, Bank of China et HSBC auraient ainsi été invitées à participer au programme en fixant les parités entre les deux devises ainsi qu’en jouant le rôle d’intermédiaire dans les échanges, selon la presse chinoise. La parité entre le yen et le yuan serait ainsi fixée en fonction de la moyenne pondérée des cotations fournies par les contributeurs. Jusqu'à présent, les devises ne sont cotées que par rapport au dollar.

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