La Chine est-elle menacée par un atterrissage brutal ?
Faut-il être inquiet pour la Chine ? Avec l’accumulation de mauvaises nouvelles, le débat sur le risque d’atterrissage brutal de la deuxième économie mondiale refait surface. Depuis 2008, année du lancement d’un vaste plan de soutien par Pékin, les dettes accumulées par les villes chinoises n’ont cessé d’augmenter pour totaliser 1700 milliards de dollars aujourd’hui. Une bonne partie de ces dettes sert à financer des projets dont la viabilité est souvent contestable. Or plus de la moitié de ces créances va arriver à échéance au cours des trois prochaines années ce qui expose nombre de municipalités au risque de défaut.
Pour éviter ces naufrages, les banques auraient décidé d’allonger la maturité de ces crédits sur parfois quatre ans. Mais ce rééchelonnement ne peut que peser sur la capacité des banques à prêter car il jette le doute sur la qualité des crédits qu’elles détiennent dans leurs bilans. L’agence de notation Standard & Poor’s a d’ailleurs jugé que le choix de ce rééchelonnement constitue un « pas en arrière » pour les banques chinoises et pourrait finir par lézarder la confiance des investisseurs.
La crise larvée de l’endettement des municipalités arrive au pire moment pour l’économie de l’empire du Milieu. L’économie chinoise est entrée dans une phase de ralentissement, le taux de croissance du PIB devant revenir vers 8,25% cette année (contre 9,2% en 2011) et peut être moins selon la gravité de la crise européenne dans les prochains mois, ont récemment estimé le FMI ou encore l’économiste Nouriel Roubini. «Selon le scénario pessimiste des Perspectives économiques mondiales (...) la croissance chinoise pourrait chuter d’environ 4 points de pourcentage», précise le FMI.
La croissance chinoise demeure très sensible à l’activité des pays développés, l’Europe et les Etats-Unis représentant près de la moitié des exportations chinoises. Une baisse prolongée et importante de la demande internationale serait une mauvaise nouvelle pour les entreprises exportatrices chinoises souvent proches de l’excès de capacité. Une aggravation de la crise européenne mettrait en difficulté ces entreprises ce qui ne manquerait pas d’accroître le total des crédits non performants dans les bilans bancaires. Un deuxième front s’ouvrirait donc pour les banques déjà fort occupées avec les crédits accordés aux municipalités.
Facteur aggravant, les prix de l’immobilier sont en recul après une longue phase d’emballement. Ce retournement menace de déclencher une réaction en chaîne qui pèsera au bout du compte sur l’activité, les investissements et les recettes du gouvernement. Après avoir cherché à calmer le marché de l’immobilier en freinant l’emballement des prix, voilà que les dirigeants chinois doivent à présent en gérer le retournement. Tout en soutenant la construction de logements dont le pays a besoin.
D’où le retour du débat récurrent sur le risque d’atterrissage brutal de l’économie chinoise dont le taux de croissance s’est élevé en moyenne à 9% sur les 25 dernières années.
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