La Chine durcit son approche du problème immobilier
Pékin surveille sa bulle immobilière comme le lait sur le feu. Alors que la session plénière annuelle du parlement chinois s’ouvre aujourd’hui, les autorités ont annoncé ce week-end de nouvelles mesures de restriction pour endiguer la flambée des prix et des crédits immobiliers. L’indice composite de Shanghai a chuté de 3,7% lundi dans la foulée, promoteurs en tête, soit sa plus forte correction en une séance depuis août 2011.
Le gouvernement propose notamment un impôt de 20% sur les plus-values de cession sur les résidences secondaires, alors que le prélèvement courant est jusqu’à présent de 1% environ du prix de vente. Les gouvernements locaux devront présenter des plans pour restreindre l’appréciation des prix de l’immobilier, tandis que les principales villes du pays auront à présenter d’ici à la fin du premier trimestre des objectifs annuels de baisse sur les prix du neuf. Enfin, des restrictions à l’achat de résidences secondaires sont envisagées. Une hausse de l’apport au comptant et un renchérissement du crédit (déjà de 1,1 fois le taux benchmark au minimum) sont évoqués. Les implantations régionales de la People’s Bank of China, la banque centrale, en contrôleront l’application.
Pékin avait déjà sorti le 20 février un communiqué en cinq points reprenant des idées générales –objectif de contrôle des prix, hausse de l’offre de foncier etc. Ces mesures sont en place depuis 2010. Mais la perspective d’une nette hausse de la fiscalité a pris les marchés de court.
«Le communiqué constitue une surprise à la fois par son calendrier et son ton très restrictif, estime Wei Yao, l’économiste de la Société Générale. Son impact immédiat sera une hausse des ventes dans les grandes villes car les particuliers vont se dépêcher de clore les transactions avant la mise en œuvre de la nouvelle politique. Ensuite, le nombre de ventes de logements va sans doute tomber substantiellement, mais pas forcément les prix, dans la mesure où l’application stricte de l’impôt sur les plus-values réduira l’offre.»
Alors que doivent être entérinées les nominations de Xi Jinping et Li Keqiang aux postes de président et de Premier ministre, le gouvernement, en prélude à l’ouverture de la session plénière du parlement, a annoncé aujourd’hui un objectif de croissance du PIB de 7,5% pour 2013. Après une hausse de la masse monétaire de 13,8% l’an dernier, il a fixé pour celle-ci un objectif de croissance de 13% et prévoit un déficit budgétaire d’environ 2% du PIB.
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