La Chine donne un nouveau souffle à son économie par le canal du crédit

Le reflux de l’inflation à 3,4% et le ralentissement de l’activité ont conduit Pékin à baisser son ratio de réserves obligatoires de 50 bp, à 20%
Patrick Aussannaire

Les autorités monétaires chinoises ont été promptes à répondre aux attentes des marchés. La Banque populaire de Chine (PBOC) a décidé samedi de baisser son ratio de réserves obligatoires pour les grands établissements du pays de 50 points de base (bp), à 20%, afin de soutenir la demande intérieure. Un geste qui permet de libérer 400 milliards de yuans (49 milliards d’euros) de crédits supplémentaires à injecter dans l'économie chinoise, alors qu’au mois d’avril les nouveaux prêts accordés par les banques du pays ont été de 681,8 milliards de yuans, contre 800 milliards prévus par le consensus. «Cela confirme que l'économie n'était pas capable en l'état de se maintenir à son rythme de croissance potentiel et que la politique devrait donc être assouplie» estime BNP Paribas.

Or, «le gouvernement chinois dépend du crédit pour lutter contre le risque de ralentissement», comme le rappelle CA CIB. Les chiffres d’activité publiés vendredi ont montré des signes clairs d’essoufflement. La production industrielle a progressé à un rythme de 9,3% en avril, soit un plus bas depuis début 2009, après 11,9% en mars. A 20,2%, les investissements en capital fixe sont tombés à leur rythme le plus bas depuis près de 10 ans. «La situation de le demande domestique chinoise est vraiment critique», estime Citigroup, comme le montre la très forte décélération des importations à seulement 0,1% sur un an en avril. Les importations pour la consommation intérieure ont également ralenti à 2,1%. De même que les ventes au détail, à un rythme annuel de 14,1% après 15,2% au mois de mars.

L’inflation a ralenti à un rythme annuel de 3,4% au mois de mars, après 3,6% en février, s’éloignant un peu plus de l’objectif de 4%. La hausse des prix alimentaires est tombée de 7,5% à 7% et l’inflation sous-jacente a reculé à 1,7%. Les prix à la production ont chuté à 0,7% sur un an. «Ce mouvement est de nature à consolider la demande intérieure (…) en réduisant l’impact négatif (des prix) sur le pouvoir d’achat des ménages», estime CM-CIC. Après avoir baissé de 17 pb la semaine dernière, les taux à un an ont chuté de 17 bp cette nuit, à 2,95%. Un plus bas depuis cinq mois.

Pourtant, Pékin pourrait à présent privilégier des mesures ciblées à d’autres assouplissements monétaires. La Société Générale prévoit ainsi une baisse des taxes sur les biens importés, alors que Goldman Sachs prévoit des mesures de soutien à l’investissement, notamment dans les projets d’infrastructures.

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