La Chine devrait apporter des précisions sur sa stratégie de croissance
Le lancement des deux sessions de réunion stratégique des instances chinoises devrait aboutir à un objectif de croissance de 7% à 7,5% pour 2014
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Patrick Aussannaire
La croissance chinoise devrait constituer le thème central de la réunion annuelle du Congrès politique consultatif du Peuple chinois (CPPCC) qui a débuté hier et du Congrès National (NPC) qui durera pendant deux semaines. Durant ces deux sessions, le premier ministre chinois Li Keqiang présentera le rapport du gouvernement fixant son objectif de croissance, d’emploi, de déficit budgétaire et d’inflation pour l’année 2014. Les prévisions de croissance du consensus pour 2014 s’étalent entre 6,9% et 8,6%, après 7,7% en 2013, mais la moitié des économistes sondés concentrent leurs anticipations entre 7,4% et 7,6%, 7,5% paraissant ainsi être le consensus de marché.
D’ailleurs, Pékin semble ne pas avoir d’autre choix que de maintenir un rythme de croissance stable pour mener à bien ses réformes sans risque de crise. «Sans une croissance correcte, les réformes structurelles nécessaires prévues par le Troisième Plénum ne pourraient pas se mettre en place», estime ainsi Natixis. Les économistes tablent majoritairement sur un maintien de l’objectif à un niveau identique à celui de 2013, de 7,5%. «Une révision à la baisse de l’objectif entraînerait une vague d’aversion pour le risque sur les marchés financiers», ajoute ING.
La croissance semble d’ailleurs déjà légèrement plier face à la politique de resserrement monétaire orchestrée par la Banque Populaire de Chine (PBOC). L’indice PMI composite calculé par HSBC a chuté à 48,5 points au mois dernier, son plus faible niveau depuis sept mois. Et la baisse récente de la valeur du renminbi contre dollar, de 1,4% en février, a aussi été perçue comme un signe d’inquiétude de la part de Pékin sur les perspectives de croissance à moyen terme. Dans ce contexte, CA CIB table sur une révision de l’objectif de croissance à 7% cette année.
«La pression croissante pour des réformes plus agressives au prix d’investissements inefficaces et d’une baisse de la croissance du crédit est nécessaire pour une croissance plus équilibrée, mais pourrait ne pas être perçue favorablement par les marchés», explique Citigroup. De nouvelles annonces sur la réforme des entreprises d’Etat, les finances locales, et les marchés financiers sont notamment attendues dans un contexte de retour au calme sur le marché interbancaire, avec un taux Shibor à 7 jours revenu à 3,10%, au plus bas depuis mai 2013.
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