La Chine accélère les mesures de soutien à son économie

Les autorités ciblent le soutien au marché immobilier, mais aussi aux PME et aux ménages avec une hausse du salaire minimum de 13% par an d’ici 2015
Patrick Aussannaire

La Chine multiplie les mesures pour éviter un atterrissage brutal de son économie. Le soutien au marché immobilier arrive en tête des priorités des autorités. Le vice premier ministre et candidat à la succession de Wen Jiabao, Li Keqiang, a indiqué à l’agence Xinhua que la réussite du vaste programme de construction de logements à bas coûts constituait un test pour le gouvernement. «La distribution de logements accessibles est l’élément central pour le succès et le développement stable du programme». Hier, la Banque populaire de Chine avait fait savoir qu’elle mettra en place un programme de soutien aux ménages primo-accédants à la propriété.

Dix millions de logements devaient être construits l’an dernier et 7 autres millions sont prévus pour cette année pour un objectif total de 36 millions d’ici 2015. S’il permet d’amortir la chute des prix de l’immobilier en Chine, ce programme pourrait coûter cher aux collectivités, déjà très endettées. Le China Daily rapporte que les ventes de terrain à Pékin pourraient baisser de 27% à 90 milliards de yuans cette année et de 16% à 125 milliards à Shanghai. «Le gouvernement ne souhaite pas voir les transactions immobilières chuter trop rapidement, cela pourrait nuire à la croissance» explique Bank of America. Standard Chartered estime que le programme ajoutera 2.000 milliards de yuans aux emprunts des collectivités d’ici la fin de l’année.

Pour doper la demande intérieure, Pékin prévoit également de verser une aide de 3 milliards de yuans par an aux PME, selon le ministre de l’industrie. Un plan pour l’emploi dévoilé aujourd’hui par le gouvernement dans l’agence Xinhua prévoit d’augmenter le salaire minimum de 13% par an d’ici 2015 et de créer 45 millions d’emplois dans les villes et 40 millions d’emplois ruraux afin de conserver un taux de chômage sous la barre des 5%. Il était de 4,1% fin 2011.

Mais la Chine est également sous la menace de ses liens commerciaux avec l’Europe. Suite à un rapport du FMI estimant qu’une aggravation de la récession en zone euro pourrait faire chuter la croissance chinoise à 4,25%, Pékin devient de plus en plus enclin à apporter une aide financière au Vieux continent, son premier partenaire commercial. Yuan Gangming, économiste à l’Académie chinoise des Sciences sociales, estime ainsi que le gouvernement pourrait «agir rapidement» en apportant une contribution au FESF de 100 milliards d’euros.

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