La chasse aux dirigeants des autorités européennes de supervision commence
Les présidents respectifs des trois futures autorités de supervision européennes (banque, assurance et marchés) auront un profil plus technique que politique. Alors que la sélection des candidats commencera officiellement le 27 octobre avec la publication des avis de vacance de poste, leur statut a, lui, déjà été arrêté. Les présidents seront, comme leurs directeurs généraux, rattachés à la fonction publique européenne avec un grade de DG à la Commission.
Le président d’une autorité est censé avoir un rôle politique et négocier sur un pied d’égalité avec les dirigeants des autorités nationales. Son directeur général aura, lui, la charge de «faire tourner la boutique». En pratique, néanmoins, les procédures de recrutement de l’un et de l’autre sont strictement identiques, à l’exception près de l’audition finale du président devant la commission des Affaires économiques et monétaires du Parlement européen.
Conséquence des choix statutaires faits ces dernières semaines, le salaire des trois présidents se situera autour de 200.000 euros par an. Cela les place dans la fourchette basse des superviseurs européens, loin derrière la Financial Services Authority ou l’AMF mais légèrement au-dessus de l’autorité portugaise. «A ce tarif, on ne recrutera pas un ancien banquier d’affaires», remarque une source proche des négociations. Les salaires des directeurs généraux devraient, eux, se situer entre 150.000 et 180.000 euros. De source proche, la possibilité de placer les présidents «hors cadre» a été examinée mais rejetée par la Commission. Il n’existerait pas de précédent. Les négociateurs réfléchiraient néanmoins à des «modes de rémunération complémentaires».
La Commission, en principe seule responsable de l’établissement des «short lists» des six postes, a concédé y travailler de concert avec les actuels comités de superviseurs. Mais elle s’est réservée le droit de retirer ou ajouter in fine un candidat sur la liste. Des différends pourraient surgir s’il était question de désigner un ancien fonctionnaire de la Commission, car l’indépendance vis-à-vis de l’exécutif est jugée cruciale par les superviseurs. Pour finir, le conseil des superviseurs de chaque autorité fera le choix final, lequel devra être validé par le Parlement européen. En attendant les nominations en mars, un vice-président choisi par ses pairs au sein du conseil de superviseurs assurera l’intérim.
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