La chambre de compensation EMCF mise sur l’interopérabilité

Elle vient de signer un accord avec la plate-forme Turquoise pour gagner des parts de marché dans un environnement très compétitif
Solenn Poullennec

La chambre de compensation European Multilateral Clearing Facility (EMCF) a signé un accord d’interopérabilité au début du mois avec la plate-forme alternative (MTF) détenue par le London Stock Exchange Group, Turquoise. Une façon de gagner des parts de marché dans un secteur de la compensation européen qui compte une vingtaine d’acteurs et devient de plus en plus compétitif. Cet accord va permettre aux clients de Turquoise de choisir de compenser leurs transactions sur actions soit sur EMCF soit sur EuroCCP, LCH.Clearnet Ltd ou x-clear alors que traditionnellement, un marché est seulement relié à une seule chambre de compensation.

EMCF, détenue aujourd’hui par ABN Amro Bank (78%) et Nasdaq OMX (22%), est née en 2007 pour compenser les transactions effectuées sur le MTF Chi-X Europe. Elle propose aujourd’hui ses services à une dizaine de places de marché. En 2011, Chi-X Europe, qui s’est rapproché de Bats, a décidé d’offrir à ses clients le choix entre EMCF, LCH.Clearnet, SIX x-clear et EuroCCP.

Cette compétition a poussé les acteurs de la compensation actions à baisser leurs prix. EMCF fait payer les acteurs qui réalisent plus de 2 millions de transactions par jour 0,001 euro par transaction. Dans cet environnement, l’enjeu est de capter toujours plus de volumes. EMCF a compensé 1 milliard de transactions entre janvier et novembre 2011.

Mais l’interopérabilité est loin de faire l’unanimité. Nasdaq OMX s’est donné plus de temps pour l’adopter. Deutsche Börse, au modèle en silo, et Nyse Euronext y sont réticents. «Si EMCF était proposée pour compenser les transactions sur Nyse Euronext, leurs clients pourraient consolider leurs positions avec celles sur Chi-X/Bats ce qui diminuerait leurs coûts», assure Hugh Brown, directeur des marchés britanniques chez EMCF.

Ce dernier salue aussi la future réglementation européenne sur le post-marché. «Emir [European Markets Infrastructure Regulation] est bienvenu car il précise la façon dont l’interopérabilité et les chambres de compensation doivent fonctionner». Peter Bezemer, membre du conseil de supervision d’EMCF, salue par ailleurs les standards récemment publiés par les régulateurs internationaux: «nous n’accepterons pas de baisser nos standards de gestion des risques pour baisser nos coûts. EMCF est complètement en ligne avec les règles d’Iosco et du CPSS et nous sommes satisfaits qu’ils mettent, avec la révision de la MIF et Emir, tous les acteurs sur un pied d’égalité».

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