La Catalogne et l’Andalousie se rebellent face aux mesures d’austérité de Madrid
La Catalogne se rebiffe. La région la plus riche de l’Espagne, mais aussi l’une des plus endettées, qui pèse 20% du PIB national, a refusé hier d’assister à la réunion du Conseil de politique fiscale et financière après avoir annoncé qu’elle n’était plus en mesure de payer les subventions destinées aux organismes sociaux, notamment les centres d’accueil pour personnes âgées et les hôpitaux.
Selon le quotidien El País, les caisses catalanes n’ont plus assez d’argent pour payer les salaires ou assurer les services de base. Concrètement, un crédit bancaire de 424 millions d’euros qui arrive à échéance fin juillet a obligé la Catalogne à tirer la sonnette d’alarme, ne pouvant faire face aux paiements des services publics, soit 430 millions d’euros. Car selon la loi sur la stabilité budgétaire, les administrations sont obligées de rembourser en premier les crédits bancaires.
Malade d’une dette qui s’élève à 42 milliards d’euros, la Catalogne a sollicité l’aide du Fonds régional de liquidité, fonds de 18 milliards d’euros créé pour venir en aide aux régions incapables d’honorer leurs échéances. Mais l’obtention de cette aide est sujette à des conditions très strictes de déficit auxquelles la Catalogne se refuse.
Hier la demande du ministre des Finances, Cristobal Montoro, de plafonner le déficit des régions à 0,7% du PIB et la dette à 15,1% cette année et à 16% en 2013 a fait déborder le vase. Après le boycott de la Catalogne, c’est l’Andalousie, le deuxième poids lourd du PIB espagnol, qui a abandonné la réunion. Son président José Antonio Griñan a déclaré qu’une réduction de 2,7 milliards d’euros du budget andalou supposerait «la fermeture de 19 hôpitaux, ou de la moitié des collèges ou le licenciement de 60.000 employés publics» et a annoncé qu’il allait demander au Tribunal constitutionnel la révision de ces objectifs.
Madrid adoptera-t-elle des sanctions contre les rebelles? Miguel Angel Bernal, professeur d’économie à l’Institut d’études boursières de Madrid, pense qu’il s’agit plus d’un «bras de fer politique qu’économique» et qu’il y aura «un pacte pour que les régions adhèrent dignement au fonds régional de liquidité». Mais à la veille de la rencontre entre Mariano Rajoy et son homologue italien, Mario Monti, la rébellion des régions met bien à mal les autorités madrilènes qui s’efforcent de faire respecter les exigences de Bruxelles.
Plus d'articles du même thème
-
UBS séduit les investisseurs avec 3 milliards de dollars de rachats d'actions
La banque suisse a enregistré une forte hausse de ses bénéfices au deuxième trimestre, mais elle reste sous la menace d'une évolution réglementaire défavorable sur son marché domestique. -
La croissance des salaires en zone euro devrait remonter légèrement d’ici à 2027
Certains décideurs de la Banque centrale européenne (BCE) s’alarment des risques d’effets de «second tour» via une boucle prix-salaires, après la hausse de l’inflation énergétique liée au conflit en Iran. Les hausses de salaires anticipées au travers du «wage tracker» publié mercredi resteraient pourtant a priori modérées. -
Bureau Veritas se montre plus confiant pour 2026 après un deuxième trimestre solide
L'entreprise française a annoncé relever ses objectifs annuels après un bon premier semestre, marqué par une accélération de la croissance organique au deuxième trimestre et des acquisitions dans ses domaines à forte croissance. -
Solvay confirme ses objectifs pour 2026, l'Ebitda a fondu au deuxième trimestre
Pour l'ensemble de l'exercice en cours, Solvay table toujours sur un excédent brut d'exploitation (Ebitda) sous-jacent compris entre 770 millions et 850 millions d'euros, ainsi que sur un flux de trésorerie disponible d'au moins 200 millions d'euros. -
Sopra Steria et Alten rassurent les investisseurs sur la menace IA
Les deux spécialistes du conseil et des services informatiques ont relevé leurs objectifs de croissance. Ils rebondissent nettement en Bourse alors que l’impact du développement de l’intelligence artificielle sur leurs activités inquiétait les investisseurs. -
Payhawk complète sa boite à outils de gestion des dépenses
La plateforme propose la fonctionnalité Fetch au sein de son agent IA Financial controller afin d’automatiser la récupération des factures sur les portails des fournisseurs.
ETF à la Une
T. Rowe Price crée le poste de responsable des solutions ETF pour la région EMEA
- La gestion d'actifs sauve tout juste les résultats de Lazard
- Amundi met en place deux ETF sur les puces mémoire et les centres de données
- Nicolas Calcoen rejoint le conseil d’administration de Victory Capital
- BNP Paribas collecte 6 milliards d’euros en gestion d’actifs au deuxième trimestre 2026
- La Commission des sanctions de l’AMF inflige 420.000 euros d’amendes à Uzès Gestion et ses ex-dirigeants
Contenu de nos partenaires
-
Série 12/28Un été d'essais politiques : Charles Millon, à droite toute
SERIE. Pour l'Opinion, notre chroniqueur Bernard Quiriny a rouvert des essais politiques d’hier à aujourd’hui, des classiques incontournables aux livres de circonstance oubliés -
Série d'étéMoi, Monique Canto-Sperber, présidente : « Je proposerais de construire une société de libertés et de paix civile »
SERIE. La philosophe et figure du libéralisme en France se met dans la peau du futur locataire de l'Elysée et liste ses premières décisions -
La City contre-attaqueLa Lady Mayor, à la fois reine, ambassadrice et VRP de la City
SERIE (4/10). Cet été, l’Opinion vous invite à découvrir les transformations économiques, physiques, sociales et culturelles de la place financière de Londres depuis le Brexit. Le Lord-maire, poste occupé cette année par Susan Langley et qui remonte au 12e siècle, règne presque comme un roi, le temps de son mandat, sur la City.