La Cades fait recette auprès des banques centrales asiatiques
Japonais et Chinois ont pris leur part de l’effort de financement des déficits sociaux français en 2014. Le poids des investisseurs asiatiques lors des émissions de dette de la Cades est passé de 18% en 2013 à 46% l’an dernier. Un mouvement dû au choix des gestionnaires des réserves de change de la Banque du Japon et de la People’s Bank of China, la part des banques centrales dans les achats ayant doublé sur un an à 53%.
«Nous n’avons pas vu arriver de nouveaux acteurs chez les banques centrales, mais celles-ci ont augmenté leur allocation», souligne Patrice Ract-Madoux, président de la Caisse d’amortissement de la dette sociale, laquelle affichait à fin décembre 130 milliards d’euros de dette. «Les banques centrales cherchent un surplus de rendement et achètent des maturités plus longues, précise Pierre Hainry, responsable adjoint des opérations de marché. C’est vrai aussi pour les trésoreries de banques».
Cette demande a permis l’an dernier à la Cades de réaliser les deux plus gros emprunts benchmarks en euros de son histoire, de 5 milliards d’euros chacun à 5 et 10 ans, ainsi qu’un emprunt en dollars de 5 milliards. Cette année, l’agence prévoit d’émettre 16 milliards d’euros à moyen terme, moins qu’en 2014 (18,2 milliards), dont 7 à 10 milliards en euros avec deux emprunts de référence, et 6 à 7 milliards en dollars. Les émissions de titres courts devraient atteindre 7 milliards.
La nouveauté de 2015 pourrait consister en un premier emprunt en renminbi, si le marché le permet, dans la ligne de l’accord signé avec Bank of China pour installer Paris comme place d’internationalisation de la devise chinoise. «La Cades sera le bras armé de l’Etat français en cas d’émission sur cette devise, en lien avec le Trésor et le ministère des Finances», indique Patrice Ract-Madoux.
L’agence sera en revanche contrainte par l’impossibilité d’émettre au-delà de 2025 malgré la demande pour des titres longs. Elle doit disparaître à cette date, sauf si l’ampleur des dettes sociales à reprendre nécessitait un nouvel allongement de sa durée de vie.
Or, 36 milliards d’euros de dette «mijotent à l’Acoss», le trésorier des organismes de Sécurité sociale, rappelle Patrice Ract-Madoux. «Si l’on attend 3 ou 4 ans pour nous transférer cette dette, il faudra rallonger la durée de vie de la Cades», estime-t-il. Déjà exclu par le PLFSS 2015, ce transfert est de moins en moins probable avant 2018, premier budget du nouveau président élu en 2017.
Plus d'articles du même thème
-
Volkswagen songe à supprimer jusqu’à 100.000 emplois dans le monde
La refonte du groupe automobile, qui toucherait l’ensemble de ses marques, entraînerait des réductions supplémentaires de coûts et des investissements révisés à la baisse. -
Le tribunal arbitral apporte un premier soulagement à Scor dans l'affaire Covéa
Par une décision rendue jeudi 25 juin, le tribunal arbitral met un terme à près de quatre ans de conflit entre Scor et Covéa portant sur des accords de rétrocession en réassurance vie. Une avancée pour le réassureur dont le cours de Bourse avait souffert de l’affaire, mais pas la fin de l’histoire. D’autres procédures liées sont encore en cours. -
Les fonds Obligations Euro toutes maturités à la loupe #172
La tendance baissière se poursuit sur ces fonds avec une moyenne des performances sur douze mois de +1,91%. -
Wall Street prospecte le filon des activités que l'IA ne pourra pas remplacer
Casinos, complexes de loisirs : outre-Atlantique, un nombre croissant d'investisseurs s'entiche du "location based entertainment", ces loisirs et expériences physiques ancrés dans un lieu précis. -
PARTENARIATAccalmie géopolitique : pourquoi les métaux stratégiques restent sous pression
Ormuz rouvre, mais le déficit d'aluminium et les goulets d'extraction persistent. Quel impact sur les portefeuilles -
PARTENARIATLes trois leviers structurels qui maintiennent les marchés mondiaux de l'énergie en équilibre
Entre choc et résilience, la crise au Moyen-Orient offre l’opportunité d’analyser comment les marchés énergétiques s'adaptent grâce à des mécanismes structurels.
ETF à la Une
BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- Amundi dévoile sa stratégie pour devenir un géant d'Asie
- Mubadala Capital veut s’offrir Pierre & Vacances sous conditions très strictes
- Generali Investments renforce ses forces commerciales en France
- Sycomore atteint les 10 milliards d’euros d’encours
Contenu de nos partenaires
-
Où se rafraîchir à Paris et ses alentours ? Notre sélection de piscines
Du padel flottant sur le lac de l'Abbaye des Vaux-de-Cernay à la piscine confidentielle du Shangri-La Paris, en passant par "La Piscine" éphémère du Hoxton dans le Sentier, la rédaction a recensé quelques adresses qui ouvrent leurs bassins à la journée pour échapper aux pics de chaleur estivaux. -
« Un vote historique » : comment Zohran Mamdani a réussi à geler les loyers à New York
Jeudi soir, une commission de la Ville a voté le gel des loyers des logements régulés. Un vote historique sur une promesse de campagne du maire démocrate, mais controversé -
Pourquoi le gouvernement reporte l'examen du projet de loi « Etat local »
Face à l’opposition des élus locaux et des experts, le gouvernement de Sébastien Lecornu recule sur un transfert inédit de fonctionnaires à l’autorité préfectorale