La Bundesbank se fait plus conciliante face à la menace d’une inflation atone
La banque centrale allemande scrutera avec attention le 5 juin l’actualisation des prévisions de la BCE, dont elle pourrait soutenir de nouvelles mesures
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Benoît Menou
Traditionnellement fort réservée face à des propositions jugées trop agressives de la Banque centrale européenne, la Bundesbank serait disposée à adopter un ton plus conciliant au regard du spectre du maintien à long terme d’une faible inflation en zone euro. Diverses sources, et en premier lieu le Wall Street Journal, ont fait état hier de la volonté de la banque centrale d’apporter son soutien, non sans conditions, à d’éventuelles mesures auxquelles songerait la BCE et qu’elle pourrait dévoiler lors de sa prochaine réunion, le 5 juin.
Déjà chahuté en début de journée par la publication d’un indice ZEW de confiance des investisseurs allemands bien inférieur aux attentes, l’euro a ainsi accentué sa glissade sous le seuil des 1,37 dollar pour un euro.
Sous la contrainte, la Bundesbank pourrait particulièrement se montrer réceptive à l’instauration d’un taux de dépôt négatif pour les banques ou au rachat de portefeuilles de créances auprès de ces dernières. Elle reste opposée, selon le Wall Street Journal, à des rachats massifs de dettes publiques ou privées, qui pourraient poser des risques de stabilité financière. Il faudra tout de même en premier lieu semble-t-il, pour décider la Bundesbank, que la BCE abaisse dans quelques semaines ses prévisions d’inflation, qu’elle attend pour l’heure à 1,0% cette année puis en lente progression jusqu’à 1,5% en 2016. Mais selon des sources citées par Bloomberg, le soutien de la Bundesbank «ne sera pas automatique». Et «rien n’est encore décidé».
Nomura souligne que déjà l’information du quotidien américain «continue de nourrir» les attentes de mesures complémentaires par la BCE le 5 juin. La banque s’attend toujours à une baisse de 10 points de base des taux directeurs, y compris vers un taux de dépôt négatif, la BCE pouvant tout à fait agir sans même avoir modifié ses prévisions d’inflation. «Le conseil des gouverneurs est serein à l’idée d’agir en juin», avait d’ailleurs lancé la semaine dernière le président de la BCE, Mario Draghi, selon lequel il s’agit bien «de faire face efficacement au risque d’une période prolongée de faible inflation». Membre du conseil des gouverneurs de la BCE, Ewald Nowotny a indiqué lundi que «si vous pensez réellement avoir besoin de nouvelles mesures, alors il est sans doute astucieux de lancer un ensemble de mesures plutôt qu’une seule.»
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