La Bundesbank alerte sur les coûts du QE
La Bundesbank se prépare au jour où la politique monétaire très accommodante en zone euro s’interrompra. La banque centrale allemande a annoncé jeudi qu’elle avait provisionné 1 milliard 800 millions d’euros dans ses comptes 2016. Elle entend faire face à d’éventuelles pertes futures sur son portefeuille d’emprunts d’Etat.
L’institution, rappelons-le, est aux premières loges pour déployer le programme d’achats d’actifs lancé il y a deux ans par la Banque centrale européenne. A fin janvier, la Bundesbank portait plus de 300 milliards d’euros de dette allemande dans son bilan. La banque centrale subit une double peine : vu le niveau des taux d’intérêts allemands aujourd’hui, ces titres ont été acquis à des prix très élevés et ne lui rapportent rien. Demain, si la BCE décide de renoncer à sa politique d’achats d’actifs, les taux devraient remonter en flèche. Un tel changement de politique ferait alors plonger la valeur du portefeuille d’obligations de la Bundesbank.
Il est donc naturel que la banque centrale cherche à se protéger, avec une prudence très allemande. Mais son président, Jens Weidmann, envoie aussi un message clair aux politiques et à l’opinion publique : le programme d’achats d’actifs de la BCE, auquel il s’est opposé, aura un coût qu’il faudra payer tôt ou tard. Du fait de ces provisions, la Bundesbank a publié son plus faible résultat net depuis 12 ans. Sa contribution au budget fédéral allemand sera limitée cette année que 400 millions d’euros. Voilà qui alimentera, à Berlin ou à Francfort, les critiques contre la politique jugée trop laxiste de la Banque centrale européenne.
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