La Bourse de Honk Kong paye le prix fort pour mettre la main sur le LME
Elle devrait payer 1,4 milliard de livres en cash. Reste à convaincre des actionnaires particulièrement pointilleux
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Solenn Poullennec
Le sort de la bourse des métaux de Londes se jouera désormais en Asie. Hong Kong Exchanges and Clearing (HKEx) a annoncé vendredi dernier l’achat du London Metal Exchange (LME) pour 1,4 milliard de livres (1,7 milliard d’euros), financé par dette à hauteur de 1,1 milliard. L’opérateur boursier payera donc en cash 58 fois les profits enregistrés par sa cible l’année dernière (compte-tenu de la récente augmentation des tarifs), selon les calculs de Reuters.
La Bourse, spécialisée dans les métaux non ferreux (aluminium, cuivre, zinc, nickel), était très convoitée. Nyse Euronext a baissé les bras en premier en mai après avoir refusé de réévaluer son offre estimée à quelque 800 millions de livres, selon les rumeurs de marché. Ce fut ensuite au CME de jeter l’éponge pour laisser le terrain libre à InterContinentalExchange et à HKEx. L’heureux gagnant dit vouloir faciliter l’implantation du LME en Chine, premier pays consommateur de métaux au monde. Il compte aussi lancer des contrats sur de nouveaux produits, dont les métaux précieux.
Mais ce projet ne devrait être concrétisé qu’après la mise en place d’une chambre de compensation. Par rapport à ICE, dédiée aux matières premières agricoles et énergétiques, la Bourse de Honk Kong est spécialisée sur les actions. «Nous ne commercialisons pas les mêmes produits avec des tarifs différents, donc nous ne subissons aucune pression pour changer le modèle économique du LME», assure Romnesh Lamba, directeur du développement chez HKEx. La Bourse a promis de ne rien changer au modèle de sa cible avant le 1er janvier 2015 au moins pour séduire ses quelque 90 actionnaires-utilisateurs.
Ces banques et courtiers ont toujours veillé à ce que le LME leur propose le service le plus personnalisé et le moins coûteux possible. Récemment, ils ont ainsi retardé une augmentation des coûts de transactions. Ils se sont aussi dit soucieux de conserver leur corbeille avec le passage des ordres à la voix, les contrats à terme à échéance quotidienne (et non mensuelle comme chez la plupart des concurrents) et le réseau mondial de dépôts de métaux.
L’opération doit être approuvée par 50% des actionnaires détenant 75% des actions avant la fin juillet. La Bourse de Kong Kong se dit «relativement confiante». JPMorgan, Goldman Sachs et Metdist, une famille de traders de métaux, détiennent la part la plus importante du capital.
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