La BoJ va se doter d’un ardent partisan de l’assouplissement monétaire
Les marchés achètent volontiers la rumeur. Les médias internationaux semblent aujourd’hui unanimes pour considérer que c’est finalement Haruhiko Kuroda, le président de la Banque asiatique de développement et «partisan ardent d’un yen faible et de la sortie de la déflation» selon Kit Juckes, stratégiste à la Société Générale, qui sera nommé à la tête de la Banque du Japon (BoJ) par le gouvernement nippon au terme du mandat de son actuel gouverneur, Masaaki Shirakawa, le 19 mars prochain. En outre, «les noms qui circulent pour combler les postes de gouverneurs adjoints sont clairement de nature à orienter le yen à la baisse» estime Citigroup. Kikuo Iwata, le candidat qui souhaite aller le plus loin dans l’assouplissement quantitatif avec notamment des rachats d’obligations étrangères, et Hiroshi Nakaso, gouverneur adjoint de la BoJ en charge des affaires internationales, font en effet figure de favoris pour siéger aux côtés du nouveau gouverneur.
L’effet est une nouvelle fois réussi puisque ces rumeurs faisaient ce matin chuter le yen et les rendements des obligations d’Etat japonaises (JGB), et entrainaient une forte hausse des actions à la Bourse de Tokyo. «Il semble que les marchés anticipent un renforcement des mesures d’assouplissement monétaire» estime Tomohisa Fujiki, stratégiste chez BNP Paribas. Le yen se dépréciait ainsi contre dollar à 94,77, soit son plus faible niveau depuis 33 mois après une parité de 93,39 vendredi, et tombait à 125,25 contre euro, après avoir rebondi à 123,12 vendredi. Parallèlement, le rendement des JGB à 5 ans chutait d’un point de base (pb) à 0,12%, son plus faible niveau depuis le lancement des titres de cette maturité en 2000. Le taux à 10 ans tombait quant à lui à 0,18%, au plus bas depuis le 11 décembre dernier, alors que l’indice Nikkei s’envolait de 2% pour atteindre son plus haut niveau depuis le mois de juin 2008.
«Les marchés anticipaient jusqu’ici la nomination de Toshiro Muto, qui est considéré comme plus modéré, comme favori pour devenir le prochain gouverneur de la BoJ. Ce qui a limité les gains. Mais maintenant que le nom Haruhiko Kuroda prend le dessus, les marchés reprennent un chemin haussier» explique Kyoya Okazawa, responsable des dérivés actions et matières premières chez BNP Paribas. Dans un entretien accordé au Wall Street Journal, Haruhiko Kuroda défend la politique d’affaiblissement du yen et considère que la devise est toujours surévaluée. Sa nomination devra néanmoins être validée par la Chambre haute du parlement où le parti libéral de Shinzo Abe n’est pas majoritaire.
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