La BoJ siphonne le marché des obligations d’Etat japonaises
La mainmise de la BoJ sur le marché des obligations d’Etat japonaises (JGB) devient écrasante. L’extension de son programme de rachats de JGB sur des maturités plus longues pour un montant qui atteint désormais 80.000 milliards de yens par an dépasse ainsi très largement les 30.000 milliards d’émissions nettes par an. Une situation qui contraint l’autorité à acquérir la différence de 50.000 milliards par an dans le stock de titres détenus par les investisseurs privés.
L’impact est déjà fort sur le niveau des rendements qui sont passés depuis mi-décembre en territoire négatif sur la partie 2 ans pour la première fois de leur histoire, alors que le taux 10 ans est quant à lui tombé à son plus faible niveau historique de 0,26%. «Si la désinflation globale déclenchée par la chute des prix du pétrole a certainement joué, la raison première derrière la chute du taux 10 ans est la répression financière qui a démarré le 31 octobre lorsque la BoJ a propulsé ses rachats bruts de 70% à 90% des émissions de long terme», estime BNP Paribas.
La part de JGB détenue par la BoJ pourrait passer de 23% actuellement (soit 200.000 milliards de yens), à 31% du montant total des obligations sur le marché à la fin de l’année, puis à 39% fin 2016, à 53% en 2018 et même 98% si le programme se poursuit jusqu’en 2027, selon BNP Paribas. Sur la seule partie 10 ans, cette part atteindrait même 36% fin 2015, puis 48% fin 2016. «Lorsque la détention de la BoJ s’approchera de 50%, la liquidité du marché pourrait s’assécher, rendant ainsi difficile toute extension de sa politique de rachats d’actifs agressive», ajoute BNP Paribas.
Symboliquement, RBS aurait décidé de se retirer de sa position de «primary dealer» sur le marché, ses opportunités de gains étant écrasées par la prédominance prise par la BoJ, selon Bloomberg. «Il existe des investisseurs dans le marché qui doivent conserver une part stable élevée de JGB, quel que soit le niveau du rendement. Avec les rachats de la BoJ, l’offre s’est tellement réduite que la demande est devenue insuffisante lors des adjudications et que les investisseurs sont contraints d’acheter des titres avec des rendements négatifs», souligne BNP Paribas.
Les banques locales doivent acheter des JGB comme collatéral à leurs opérations de trading sur dérivés, alors que les banques centrales internationales en ont besoin dans leurs réserves en devises étrangères.
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