La BoJ assèche le marché obligataire pour sortir de la déflation

Le rendement des obligations d’Etat japonaises à 2 ans est passé pour la première fois en territoire négatif mais l’inflation continue de refluer.
Patrick Aussannaire

Malgré les mesures de relance exceptionnelles mises en place par les autorités japonaises, l’inflation sous-jacente hors effet de la hausse du taux de TVA est repassée sous le seuil de 1%, à 0,9%. Une première depuis octobre 2013 après un point haut de 1,5% en avril. Citigroup estime qu’elle pourrait refluer à 0,7% mi-2015 si le cours du pétrole se maintient à 75 dollars par baril et le yen recule à 120 contre dollar, et à 0,5% si le prix du Brent chute à 69 dollars.

«La faible croissance des salaires ne devrait pas permettre à l’inflation de revenir progressivement vers la cible de 2% une fois que la phase actuelle de désinflation sera achevée», ajoute CA CIB.

La dépréciation du yen de 12% contre dollar, 9% contre euro et 7% contre le won sud-coréen depuis mi-octobre devrait néanmoins permettre d’éviter un retour en zone de déflation, ajoute CA CIB. Les élections de mi-décembre devraient conduire le premier ministre Shinzo Abe vers un nouveau mandat qui permettra de repousser la deuxième hausse du taux de TVA à avril 2017, et de ramener le taux d’impôt sur les sociétés de 36% actuellement à moins de 30% dans le cadre d’un budget de relance budgétaire d’environ 3.000 milliards de yens. De quoi permettre un rebond de la croissance à 1,7% en 2015 et 1,8% en 2016, selon Citigroup.

L’objectif d’un retour à une inflation de 2% d’ici 2016 restera l’objectif commun du gouvernement et de la BoJ. Or, avec l’augmentation des rachats d’obligations d’Etat (JGB) nécessaire pour l’atteindre, «la BoJ a quasiment anéanti la liquidité des JGB», estime la Société Générale. Le rendement à 2 ans est même passé la semaine dernière pour la première fois en territoire négatif. Vendredi, le Trésor a adjugé 2.500 milliards de JGB à 2 ans à un rendement historiquement bas de 0,1%.

Dans ce contexte, la BoJ a indiqué qu’elle ralentira ses opérations de rachats de JGB sur la partie un à trois ans de la courbe à compter de décembre, à 450 milliards de yens par opération. Ce chiffre s'élève à 550 milliards depuis le lancement du QE2, contre 350 milliards au cours du premier programme. A raison de six opérations par mois, le rythme mensuel des rachats sur ces maturités se monte à 3.300 milliards, dont 600 milliards sur le 2 ans.

Les investisseurs étrangers en quête de valeur refuge ont été acheteurs nets de JGB sur les maturités intermédiaires à hauteur de 917 milliards de yens en octobre et 1.500 milliards sur les deux premières semaines de novembre.

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