La BoE veut relancer le crédit en assouplissant les règles de liquidité des banques
Le gouverneur de la banque centrale britannique, Mark Carney, espère libérer ainsi 90 milliards de livres en faveur de l'économie réelle
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Solenn Poullennec
La Banque d’Angleterre (BoE) va desserrer l’étau réglementaire des banques qu’elle juge solides pour soutenir la reprise économique. Lors de sa première intervention publique en tant que gouverneur de la banque centrale, Mark Carney, a expliqué qu’il comptait relancer l’offre de crédit et maintenir des taux bas.
Les banques qui atteignent un ratio de capital de 7% ne seront plus obligées de détenir autant d’actifs liquides qu’auparavant. L’autorité de régulation prudentielle (PRA) attachée à la BoE a précisé que les établissements ne devront détenir que 80% des actifs liquides imposés par le ratio de liquidité de court terme (LCR) de Bâle 3. Cette annonce a immédiatement profité aux valeurs bancaires. Les titres Barclays, RBS et Llyods s’appréciaient hier de près de 2% dans un marché baissier.
L’assouplissement réglementaire devrait permettre de libérer quelque 90 milliards de livres s’il s’appliquait aux huit principales banques et aux sociétés de construction du pays. «Cela devrait aider à soutenir l’offre de crédit, puisque chaque livre détenue en tant qu’actif liquide est une livre qui pourrait être prêtée à l’économie réelle», a assuré l’ancien gouverneur de la banque centrale du Canada.
Cette décision «devrait être positive pour l’économie réelle, avançant le moment à partir duquel la politique monétaire pourra se normaliser», analyse Simon Hayes, économiste chez Barclays. Il n’est donc pas étonnant à ses yeux que la livre se soit appréciée (de 0,58%) hier face à l’euro, à 1,16 et que le rendement des titres d’Etat britanniques à cinq et dix ans se soit apprécié de quelque 3 points de base pour atteindre respectivement 1,57% et 2,80%.
Pourtant, Mark Carney n’a eu de cesse d’expliquer que les taux resteront durablement bas. En vertu de sa politique d’orientation des anticipations adoptée en août, la BoE n’évaluera l’opportunité de monter son taux directeur à 0,50% que si le chômage tombe à «au moins» 7% (contre 7,8% aujourd’hui). A en juger par l’évolution des taux, les marchés parient sur une normalisation de la politique monétaire à partir de la mi-2015. Mais selon Mark Carney, «il n’y a qu’une chance sur trois que le chômage se résorbe aussi vite.» Les prévisions de la BoE tablent plutôt sur un chômage à 7% fin 2016. Et le banquier central de prévenir: si les conditions financières se resserrent trop et menacent la reprise, la banque repassera à l’action. Reste à savoir comment.
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