La BoE s’appuie sur la hausse du sterling pour retarder son resserrement monétaire
La BoE a trouvé un alibi sur mesure pour décaler son processus de resserrement monétaire. «Il existe un risque que la combinaison d’une faible inflation mondiale persistante et de la force de la livre pèse sur le niveau des prix local pour un certain temps», a indiqué le gouverneur de l’autorité britannique, Mark Carney. Des propos qui ont permis de faire reculer la devise de 1,2% contre euro en fin de semaine dernière et de 0,6% contre dollar.
La livre a pourtant moins profité que les autres devises du renforcement du dollar en ne cédant que 3,5% depuis le début de l’année, tout en gagnant près de 9% contre la monnaie unique.
L’annonce par la BCE d’un programme ambitieux de rachat d’obligations d’Etat de la zone euro a conduit à un écartement du spread britannique à 2 ans contre le rendement du Schatz allemand de 25 pb, à un niveau de 75 pb. Mark Carney s’est ainsi inquiété du fait que «dans un environnement de taux bas partout dans le monde, même un taux de référence de 0,5% pourrait paraître élevé. Et le risque de mauvaise nouvelle à l’étranger pourrait déclencher des entrées de capitaux au Royaume-Uni qui tireraient la valeur de la livre à la hausse, rendant ainsi les exportations plus fébriles, avec des effets sur les salaires et les prix domestiques».
Sous l’effet de la baisse des prix du pétrole et de la force de la livre, l’inflation globale s’est repliée à 0,3% et devrait être en moyenne à ce niveau cette année, selon Natixis. Pourtant, l’inflation sous-jacente est restée solide à 1,4% et «devrait continuer de bénéficier du soutien de la hausse des revenus disponibles et d’un raffermissement de la demande, ce qui accentuera les pressions à la hausse sur les capacités de production et accélérera la résorption de l’écart de production», selon Natixis. Parallèlement, le taux de swap inflation britannique 5 ans dans 5 ans n’a reculé que de 12 pb depuis le début de l’année et reste au-dessus des 3%.
Si le Royaume-Uni bénéficie de perspectives économiques bien meilleures que celles de la zone euro, les marchés n’anticipent pas la première hausse des taux de 25 pb de la BoE avant le mois de mai 2016. BNP Paribas estime de son côté qu’elle devrait plutôt intervenir début 2016, mais «une appréciation plus forte que prévu de la livre pourrait contraindre la BoE, soit à repousser le début de son processus de resserrement monétaire, soit à en ralentir le rythme».
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