La BoE réussit à corriger temporairement les excès de la livre

La progression moins rapide des salaires au Royaume-Uni et les inquiétudes sur la trajectoire de l’inflation font chuter la devise.
Patrick Aussannaire

La publication des minutes de la dernière réunion du Monetary Policy Committee (MPC) et du rapport sur l’emploi au Royaume-Uni hier convergent vers le scénario d’une nouvelle prolongation de la politique monétaire accommodante de la BoE. L’autorité britannique a ainsi une nouvelle fois estimé que la divergence de politique monétaire et de dynamique de croissance avec la zone euro devrait peser sur la livre et ainsi prolonger la période durant laquelle l’inflation britannique devrait rester inférieure à son objectif de 2%.

Et d’ajouter qu’une accélération parallèle de la croissance des salaires était également nécessaire pour atteindre cet objectif. Or, les chiffres de l’emploi ont montré qu’elle a ralenti à un rythme sur trois mois glissants de 1,6% au mois de janvier, après 1,8% en décembre, avec un taux de chômage stable à 5,7%.

Dans ce contexte, les contrats «Short sterling» ont corrigé de 16 pb depuis le début du mois sur l’échéance décembre 2015 et de 32 pb sur l’échéance décembre 2016 pour ne plus anticiper que 20 pb de hausse des taux directeurs de la BoE cette année, et seulement 50 pb supplémentaires l’an prochain. La partie longue a également été touchée, le rendement du Gilt chutant hier de 5 pb pour revenir à 0,43% sur la partie 2 ans, et de 9 pb à 1,60% sur le 10 ans. Sur le marché des changes, la livre sterling chutait quant à elle de 0,9% contre dollar et 1,1% contre euro en séance. «Le point persistant est la surperformance du marché des Gilts sur celui des Treasuries. Cela peut seulement refléter un biais européen, mais la tendance à l’affaiblissement de la livre commence à prendre corps», estime Citigroup.

La détente des taux britanniques à 2 et 10 ans atteint respectivement 18 pb et 27 pb ces deux dernières semaines, le spread avec les rendements des Treasuries américains s’écartant même de 18 bp sur les deux maturités. La livre commence en outre à rattraper son retard par rapport aux autres devises face au dollar, avec une dépréciation qui atteint désormais 6% depuis le début de l’année. Citigroup relève d’ailleurs des cessions nettes de livres et d’euros la semaine dernière et des achats nets de dollars. Après une hausse de 9% depuis le début de l’année, la livre a même cédé 2,5% contre euro depuis une semaine.

Si les investisseurs devraient continuer de réduire leurs positions en livres avant l’élection du 7 mai, Citigroup anticipe une surperformance de la devise cette année.

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