La BoE demande à ses banques de survivre à une tempête en Asie
Les banques britanniques vont être soumises à rude épreuve. Après avoir centré l’an dernier ses tests de résistance bancaires sur les effets d’une chute des prix immobiliers au Royaume-Uni de 35%, «la vieille dame de Threadneedle Street» teste cette année l’impact d’un scénario de crise globale.
Pour passer les tests dont les résultats seront révélés au mois de décembre prochain, Barclays, HSBC, Standard Chartered, RBS, Nationwide, Santander UK et Lloyds devront ainsi être capables dans un scénario de choc de maintenir un ratio de fonds propres «core tier 1» de 4,5% et un ratio de levier de 3% tout en augmentant de 10% le crédit à l'économie britannique.
Si le scénario adverse comprend une contraction du PIB de la zone euro de 2,1% début 2016, et une chute des prix immobiliers britanniques plus modérée que celle envisagée l’an dernier, de 20%, il est surtout marqué par une série de chocs frappant le monde émergent. Les banques britanniques devront prouver leur résistance à une contraction de l’économie chinoise de 1,7% à fin 2015, à une crise de liquidité dans les économies émergentes et à un prix du baril de pétrole chutant à 38 dollars sur les trois prochaines années. Des conditions qui entraîneraient en outre une chute des prix immobiliers de 35% en Chine et 40% à Hong-Kong.
Une situation que souhaitent éviter à tout prix les autorités chinoises qui ont ainsi décidé hier de réduire de 60% à 40% l’acompte demandé aux acheteurs d’une résidence secondaire. Le secteur immobilier chinois, qui représente environ 25% du PIB du pays, est marqué par une baisse des ventes de logements de 16,3% en surface et de 31,7% en valeur en un an sur les deux premiers mois de l’année, et des mises en chantier de 17,7%.
Les banques britanniques devront enfin résister à une dévaluation moyenne de 25% des vingt principales devises contre dollar qui frappe tout particulièrement le Brésil et l’Afrique du Sud avec une chute du real et du rand de 40% et 35% conduisant à une contraction de leur PIB d’environ 7% et 4%. Dans ce contexte, Credit Suisse Securities estime que HSBC et Standard Chartered sont les plus sensibles aux tests avec une exposition aux marchés émergents de 40% et 64%, contre seulement 9% pour Barclays et 3% pour RBS. C’est d’ailleurs tout le sens de ces nouveaux stress tests, dont le scénario très «britannique» en 2014 avait plutôt favorisé HSBC et StanChart.
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