La BNS est aux prises avec une économie suisse engluée dans la déflation
La Suisse s’enfonce dans la déflation. L’indice suisse des prix à la consommation a reculé de 0,3% en rythme annuel au mois d’octobre, après une baisse de 0,1% en septembre et de 0,2% en octobre 2012. Un rythme inférieur aux prévisions du consensus qui tablait sur une inflation annuelle de -0,1%.
Ce recul est principalement dû aux variations des prix pétroliers, alimentaires et des transports. «La persistance d’un franc fort et de la faiblesse du prix des matières premières pourrait faire basculer la déflation suisse sous l’objectif actuel de la BNS de -0,2% pour l’ensemble de l’année 2013», estime Citigroup. Pour atteindre l’objectif, les prix doivent rebondir de 0,1% au quatrième trimestre.
Un objectif néanmoins «atteignable» du fait d’effets de base favorables et du rebond de la croissance, selon Julien Manceaux, économiste chez ING. D’autant que cette baisse des prix est largement imputable à des facteurs extérieurs. Les prix des produits domestiques ont en effet progressé de 0,6%, alors que ceux des produits importés accusaient une baisse de 2,6% sur un an.
Depuis son point bas du 22 mai dernier, date de la première annonce par la Fed du lancement prochain du «tapering», le franc s’est renforcé de 2,3% contre euro et de 7,4% contre dollar. Si l’évolution de la parité contre euro reste comprise entre 1,225 et 1,245 depuis, elle est descendue à 0,892 contre dollar le 24 octobre, avant de connaître une légère baisse de sa valeur à 0,911 hier. Un niveau qui «n’est plus significativement surévalué», ajoute néanmoins Citigroup.
Dans ce contexte, Manuel Oliveri, stratège changes chez CA CIB, estime que «les chiffres d’inflation plus faibles qu’attendu devraient accroître les attentes d’un discours plus agressif de la part de la BNS». Son président continue d’estimer que le franc suisse demeure surévalué, ce qui justifie le maintien du taux plancher de 1,20 contre euro, constituant selon lui un «bon instrument pour garantir la stabilité future des prix».
Pourtant, si Thomas Jordan a estimé que toutes les options restent ouvertes (taux d’intérêt négatifs et relèvement du plancher), la BNS ne devrait pas réagir. D’autant qu’un relèvement du taux plancher pourrait s’avérer très coûteux. Seule l’instauration de mesures d’assouplissement fortes par la BCE , telles que l’instauration de taux négatifs, pourrait mettre la BNS dans l’embarras, selon Manuel Oliveri.
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