La BNS choisit Singapour pour installer ses premiers bureaux à l'étranger
Faut-il y voir le signe d’un recentrage de la stratégie de gestion des réserves de change de la Banque nationale Suisse (BNS)? L’institution helvétique a fait le choix de Singapour, souvent nommée la «Suisse asiatique», comme localisation pour ouvrir sa première filiale à l'étranger. Il s’agit de la première banque centrale non asiatique et la deuxième au total, après la banque centrale indonésienne, à s’installer dans la ville-Etat.
Le bureau local sera constitué de sept personnes chargées de gérer les réserves de devises de l’institut d'émission monétaire en Asie.
«Le décalage horaire entre Singapour et la Suisse est de six heures. En d’autres termes, lorsque nos équipes de traders débutent leur journée à Zürich, ils ont déjà manqué les plus belles opportunités», a expliqué le président de la BNS, Thomas Jordan, lors de l’ouverture officielle des bureaux qui s’est tenue le 11 juillet. Sur les 435 milliards de francs de réserves en devises étrangères détenus par la BNS, le portefeuille libellé en devises asiatiques pèse à hauteur de 50 milliards. Si le yen occupe une part prédominante de 9%, le won coréen et le dollar australien et singapourien ont vu leur poids progresser pour atteindre 5% des réserves. Depuis 2007, la part de ces devises dans le portefeuille total de la BNS a presque doublé, alors que l’euro concentre près toujours de la moitié des avoirs en devises étrangères. «Les devises asiatiques ont progressé et nous avons ainsi dû repenser la manière de les gérer», a ainsi indiqué Thomas Jordan.
Une initiative qui a pour but de «couvrir l’ensemble des fuseaux horaires sur nos opérations sur le marché des changes dans le cas d’un besoin de défendre le taux de change minimum», ajoute Thomas Jordan. La parité du franc contre euro se maintient à 1,239, bien loin du taux plancher de 1,20 fixé par la BNS depuis 2011. Le franc s’est apprécié de 2,7% en un mois depuis son plus bas de 1,25796 du 22 mai, avant de céder 1,2% depuis le 24 juin.
Le choix de Singapour est basé notamment sur sa prédominance sur le marché des obligations qui constitue toujours la classe d’actifs dominante dans le portefeuille de la BNS, a indiqué Thomas Jordan. PwC estime que la ville-Etat dépassera la Suisse en termes d’actifs sous gestion d’ici à 2015. Ravi Menon, directeur de l’autorité monétaire de Singapour, a précisé que son marché rassemblait 500 institutions de gestion qui totalisent 1.000 milliards de dollars d’actifs.
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