La Belgique donne un nouveau tour de vis à son plan d’austérité
Le gouvernement de coalition belge veut être l'«un des bons élèves de la classe européenne» en matière budgétaire. Pour tendre vers cet objectif, le comité ministériel restreint a approuvé dans la nuit de samedi à dimanche un renforcement de son programme d’austérité au titre de 2012. Une réserve de 650 millions d’euros a été votée, au cas où la conjoncture se dégraderait, et de nouvelles mesures totalisant 1,82 milliard d’euros ont été entérinées. Le gouvernement d’Elio di Rupo est donc allé au-delà de la recommandation d’un effort supplémentaire de 2 milliards d’euros faite par le Comité de monitoring. Ces mesures viennent s’ajouter au plan d'économies de 11,3 milliards d’euros décidée en fin d’année dernière.
Objectif : ramener le déficit budgétaire à 2,8% du PIB cette année après 3,8% en 2011. Le Bureau fédéral du plan, oeuvrant pour le compte du gouvernement, anticipe une croissance de 0,1% cette année, tandis que la Banque nationale de Belgique prévoyait mi-février une contraction de 0,1%. «La différence entre +0,1 et -0,1% a un impact de 350 millions d’euros sur l'équilibre budgétaire», a déclaré Elio Di Rupo, mettant en avant la nécessité de constituer un matelas de précaution.
Dans le détail, ce train de mesures ne prévoit ni hausse de la TVA ni diminution des retraites comme pouvaient le laisser penser les options sur la table des négociateurs. Il arrête en revanche une hausse de la fiscalité sur le tabac et une répression accrue du travail au noir. Parmi les mesures qui touchent le secteur financier, les taxes sur les transactions boursières vont être relevées, la taxe s’appliquant aux banques étrangères (actuellement de 0,08% sur les dépôts) va être ajustée en fonction d’un ratio rapportant les dépôts aux prêts. Côté dépenses, des économies vont être engagées dans la défense (report de la livraison d’hélicoptères), la justice ou encore la sécurité sociale.
Steven Vanackere, le ministre des Finances belge, va donc pouvoir se présenter aujourd’hui à la réunion de l’Eurogroupe avec un gage de discipline budgétaire supplémentaire. De quoi reporter la pression sur l’Espagne et les Pays-Bas, deux économies dont les capacités en la matière laissent planer des doutes grandissants.
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