Une fois de plus, c’est de la BCE que devrait venir l’initiative la plus importante cette semaine.
Elle ne fait pas mystère que les performances de la zone euro sont trop décevantes, en termes d’activités comme d’évolution des prix, pour rester inactive.
Aussi devrait-elle à nouveau abaisser ses taux jeudi, notamment celui dit de « facilité de dépôt » qui fixe la rémunération due par les banques lorsqu’elles déposent des capitaux auprès de la Banque centrale. Ce taux est déjà négatif de 0,3%.
La mesure paraît acquise aux yeux des investisseurs.
Ce qui l’est moins est la nature du commentaire dont Mario Draghi assortira cette mesure, et si elle s’accompagnera d’un dispositif destiné à en amortir les effets sur les banques.
Si les valeurs bancaires ont été tant massacrées récemment, c’est par crainte qu’une politique trop marquée de taux négatifs par la BCE finisse par mettre en danger les modèles bancaires.
Celle-ci, sensible à l’argument, pourrait donc agir de sorte que, tout en abaissant le taux en question, elle abaisse de la même manière le coût auquel les banques se refinancent auprès d’elle.
Ainsi, ces décisions monétaires n’aggraveraient pas la facture pour les banques.
D’autres mesures du même genre sont possibles, comme l’instauration de taux grevant les dépôts à plusieurs vitesses, d’autant plus lourds que les dépôts sont plus élevés.
Reste à savoir quels seront les effets de ces mesures, importantes mais techniques, sur l’économie réelle. Reste à savoir notamment si l’euro en sera affaibli.
Ce n’est pas sûr. Car depuis son plus bas niveau atteint il y a un an, la monnaie unique fait fi de la solidité économique américaine et navigue plus souvent au-dessus de 1,1 dollar.
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