La BCE va détailler le fonctionnement de son programme d’achat d’ABS

Selon plusieurs économistes, la banque centrale devra cependant lancer un assouplissement quantitatif pour augmenter son bilan comme souhaité.
Solenn Poullennec

Economistes et analystes attendent de connaître ce jeudi les modalités des programmes d’achats d’actifs annoncés par la Banque centrale européenne (BCE). En dépit de ceux-ci, l’institution devra, pour certains, se résoudre à lancer un assouplissement quantitatif (QE) dans quelques mois.

Compte tenu du décrochage des anticipations d’inflation et notamment du taux des swaps à 5 ans dans 5 ans, la BCE a décidé en septembre de baisser le taux directeur à 0,05% et a annoncé le lancement en octobre d’un programme d’achats de titrisations (ABS) et d’obligations sécurisées. Mario Draghi a également indiqué qu’il souhaitait augmenter la taille du bilan de la BCE pour qu’il revienne au niveau du début de l’année 2012.

Depuis la dernière réunion de la BCE en septembre, l’euro a baissé face au dollar à 1,27 mais des indicateurs de confiance ont chuté, le crédit reste déprimé et le montant emprunté par les banques lors de la première opération de refinancement ciblé sur l’économie, TLTRO, était inférieur aux attentes (à 82,6 milliards d’euros), souligne l’économiste d’ING, Carsten Brzeski. «Il est trop tôt pour juger de l’impact des dernières actions de la BCE entre juin et septembre», estime-t-il cependant.

«En dépit des annonces du 4 septembre et du stimulus significatif qui est déjà en cours, le taux du swap d’inflation à 5 ans dans 5 ans, est retourné en dessous de 2%, soit au niveau où il était avant le discours de Jackson Hole. Cela met la BCE dans une situation inconfortable», écrit Marco Valli, chef économiste chez UniCredit.

La recherche de Citi s’attend à ce que la BCE achète entre 400 et 500 milliards d’euros d’ABS et d’obligations sécurisées sur 24 mois. Cependant «une inflation plus faible que prévu et l’incapacité de la BCE à augmenter son bilan autant que souhaité devraient conduire à un assouplissement supplémentaire dès le mois de décembre ou au début de 2015», écrivent les économistes. Ils parient sur le lancement d’un QE de 600 milliards d’euros.

«Nous sommes moins convaincus que les TLTRO ainsi que les programmes d’achats d’ABS et de covered bonds permettront à la BCE d’atteindre ne serait-ce que la moitié de l’expansion du bilan qu’elle a programmée», écrit la recherche de Deustche Bank. Elle juge désormais probable que la BCE lance un programme d’assouplissement quantitatif dans les six prochains mois.

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