La BCE va acheter des titres d’entreprises dans le cadre de son QE
La Banque centrale européenne (BCE) peut désormais acheter les titres d’une poignée d’entreprises dans le cadre de son programme d’assouplissement quantitatif (QE) mais les analystes divergent sur l’importance de ce changement. Hier, l’institution a allongé de treize noms la liste des titres éligibles à son programme d’achat (PSPP). Parmi eux figurent les entreprises italiennes Enel, Snam et Terna.
Les entreprises, qui ont toutes les trois la particularité d’avoir l’Etat à leur capital, ont été ajoutées dans la liste des titres «d’agences» éligibles au PSPP. Celui-ci prévoit déjà l’achat des obligations des Etats de la zone euro et ceux d’institutions nationales et supranationales. «A nos yeux, cet élargissement montre que [la BCE] est prête à agir si nécessaire, en cas d’aggravation de la crise grecque», écrit la recherche crédit de RBS. «Inclure davantage d’émetteurs pourrait permettre à la BCE d’augmenter substantiellement son portefeuilles de titres achetables», poursuivent les analystes, en précisant que le marché des obligations d’entreprises en catégorie d’investissement qui émettent en euros pèse 1.150 milliards d’euros.
«Nous ne nous attendons pas à ce que davantage d’entreprises soient ajoutées à la liste prochainement», estime au contraire la recherche crédit de Société Générale. Les règles de fonctionnement du PSPP de la BCE prévoient qu’«en cas de circonstances exceptionnelles» et au cas où il serait difficile aux banques centrales nationales d’acheter autant de titres publics que prévu, le Conseil des gouverneurs peut décider d’ajouter des obligations d’entreprises à sa liste d’actifs éligibles, en substitut. A condition qu’il s’agisse d’entreprises non financières qui appartiennent au secteur public.
«Nous ne voyons pas ce changement comme un réel changement de politique de la part de la BCE», estime aussi l’économiste de JPMorgan, Greg Fuzesi. A ses yeux cependant, l’élargissement de la liste des actifs éligibles montre «que le QE de la BCE offre bien une certaine souplesse qui est en train d’être exploitée, à la fois pour arriver aux volumes d’achats souhaités et pour rendre le QE efficace».
Entre le lancement officiel du PSPP en mars et le 26 juin dernier, la BCE a acheté quelque 194 milliards d’euros d’actifs publics. Elle a par ailleurs acquis 95 milliards d’euros d’obligations sécurisées et 9 milliards de titrisations dans le cadre de ses programmes d’achats dédiés.
Plus d'articles du même thème
-
Meilleurtaux propose une nouvelle offre de gestion sous mandat 100 % ETF avec Suravenir
Accessible en unités de compte dans des contrats d'assurance-vie, cette offre s'appuie sur les allocations du géant américain BlackRock. -
La reprise des entreprises par leurs salariés se heurte à des obstacles concrets
Le départ massif des dirigeants menace la pérennité de milliers d’entreprises. Face à ce défi démographique inédit, l’État veut accélérer la transmission, notamment en faveur des salariés, pour préserver la souveraineté économique. Si l’idée séduit sur le papier, elle bute sur des obstacles structurels qui pourraient entraver son développement. -
Aux Etats-Unis, un projet de loi chemine pour brancher les fintechs aux réseaux de la Fed
Kraken est aujourd'hui le seul acteur crypto connecté aux tuyaux de la Réserve fédérale. La loi Pace pourrait changer la donne et rendre plus facile l'intégration de nouveaux acteurs. -
Goldman Sachs paye un milliard de dollars de plus dans le dossier 1MDB
La banque américaine a trouvé un terrain d'entente pour solder une class action initiée par ses actionnaires qui lui reprochaient d'avoir minimisé son exposition dans le scandale du fonds souverain malaisien, ce qui porte l'ardoise à 6 milliards de dollars. -
Univity s’élance à son tour dans la bataille des satellites
La start-up spatiale française a bouclé une levée de fonds de série A de 27 millions d’euros. Elle se positionne sur le segment de l’orbite terrestre très basse, faisant opérer ses satellites à 375 km. Elle a signé 16 accords préalables avec des opérateurs, dont Orange. -
Saxo Banque structure son offre pour ses clients les plus fortunés
La banque d'investissement en ligne propose désormais une offre haut de gamme en misant sur un accompagnement personnalisé et un accès renforcé à ses équipes de marché.
ETF à la Une
Les investisseurs en ETF se détournent des actions européennes
- La banque Delubac taille dans ses effectifs pour faire face à des difficultés financières
- Des gestionnaires actifs alertent sur les dangers cachés de la gestion passive
- La forêt française, un actif réel en voie de reconnaissance
- Lionel Paquin : « Ce n’est pas Praemia qui est en crise mais le marché de l’immobilier »
- Marie Dauvergne (BNPP AM) : « La gestion solidaire est de l'investissement, pas de la philanthropie »
Contenu de nos partenaires
-
Tribune libreLe commerce mondial sur le fil du rasoir
« Le modèle d’hyper-optimisation des coûts cède progressivement la place à un modèle de résilience, où la redondance et la flexibilité deviennent des priorités » -
Planche de salutLe blocage du détroit d’Ormuz, une menace pour les exportations italiennes
Même si elle résiste encore à l’export, l'économie transalpine pourrait être mise à rude épreuve par la guerre au Moyen-Orient -
Mots à mauxEcologie, wokisme, travail, Gaza, antisémitisme... S’écrire entre parents et enfants pour éviter de s’engueuler
Lettre à Clara de Robert Ménard aborde un quasi fait de société : le dialogue impossible entre générations