La BCE serait prête à lancer un programme de rachat illimité

La BCE doit préciser à 14h30 les contours de son plan de rachats de dettes, qui ne prévoirait pas de rendement cible et serait stérilisé
Krystele Tachdjian

C’est cet après-midi lors d’une conférence de presse prévue à 14h30 que Mario Draghi le président de la BCE doit lever le voile sur les contours du programme de rachat de dettes destiné à faire durablement baisser les taux d’emprunt des pays périphériques en difficultés. Ces annonces feront suite à la réunion du conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne qui doit se tenir un peu plus tôt. Mais dès hier des banquiers centraux ont laissé fuiter certains éléments dans la presse.

Selon Bloomberg et Reuters, la BCE aurait ainsi l’intention de lancer un programme de rachats d’une taille «illimitée» contrairement au précédent plan. Elle souhaiterait aussi garder secrets ses objectifs de taux justifiant son intervention sur le marché secondaire de la dette. Cette décision était attendue par les marchés depuis plusieurs semaines car la confidentialité de ces plafonds constitue l’une des clés essentielles du succès de l’opération.

Autre décision de nature à rassurer les investisseurs privés, la BCE s’apprêterait à renoncer à son statut de créancier privilégié dans le cadre de ce nouveau programme de rachats d’obligations. Le 2 août, Mario Draghi avait indiqué que cette séniorité de la BCE posait un problème et qu’il fallait le traiter. Un élément facilité par les maturités courtes (jusqu'à 3 ans) concernées par l’intervention.

Selon Bloomberg qui cite des banquiers centraux, la BCE a l’intention de «stériliser» ses rachats de dette. En d’autres termes, elle prévoit en contrepartie des achats, de retirer une somme équivalente du circuit financier en offrant aux banques la possibilité de déposer auprès d’elle un montant égal à celui des obligations d’Etat qu’elle détient. L’objectif final est de ne pas accroître la masse monétaire pour donner des gages à Berlin. Une source a toutefois précisé à Reuters que la «stérilisation» n’était qu’une option envisagée. Une éventuelle baisse des taux d’intérêt ne devrait pas être abordée ce jeudi faute de temps, rapporte d’autre part Reuters.

Lundi devant les parlementaires européens, Mario Draghi avait précisé que les rachats de dettes à court terme concernaient des titres jusqu’à maturité 3 ans. Ce large spectre d’intervention avait quelque peu rassuré les investisseurs, permettant aux taux à court terme espagnols et italiens de repartir à la baisse. Hier les taux d’emprunt de l’Espagne et de l’Italie continuaient d’évoluer respectivement en dessous des 3% et 2,3% tandis que l’euro se renforçait face au dollar.

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