La BCE se soucie de la baisse continue du crédit bancaire aux entreprises
Le crédit continue de se tarir en Europe. En août, les entreprises non financières ont réduit leurs crédits de 12 milliards d’euros, soit une baisse de 41 milliards au total sur les trois mois achevés fin août, selon les dernières données publiées hier par la BCE.
Pour le secteur privé financier le repli mensuel ressort à 8 milliards d’euros. Les prêts aux ménages se sont en revanche redressés de 6 milliards d’euros, mais restent stables sur un an. «Il s’agit clairement de très mauvais chiffres, mais la BCE estime que les prêts bancaires suivent la reprise économique de quelques mois», estime JPMorgan.
Côté offre, la croissance de la masse monétaire M3 n’a que marginalement accéléré à un rythme de 2,3% en août. Un niveau encore bien loin des 4,5% ciblés par la BCE. La bonne surprise est venue de la hausse mensuelle des dépôts bancaires de 1,1% en Italie, de 0,9% en Espagne, alors qu’ils se sont stabilisés en Grèce. «Même si la BCE fournit suffisamment de liquidités aux banques, les plus petites sociétés dans des pays tels que l’Espagne ont des difficultés à obtenir des financements, et nous ne voyons actuellement pas beaucoup de signes qui pourraient faire changer cette situation», estime NordLB.
CA CIB estime en outre que «les perspectives de prêts restent incertaines, avec la sortie prochaine du rapport sur la qualité des actifs de la BCE et les stress tests de l’EBA qui auront certainement pour conséquence de rendre les banques plus frileuses à faire travailler leur bilan». Les économistes s’attendent à ce qu’ils durcissent les exigences au-delà des 2,5 milliards de besoins de recapitalisation qu’avait engendrés le précédent exercice pour les huit banques seulement ayant échoué au test du ratio core tier one de 5%.
Yves Mersch, membre de la BCE, a prôné hier un «véritable changement de régime, s’agissant tant du système de surveillance et de résolution que de sa mise en œuvre», et espère ainsi qu’un assainissement des bilans des banques permettra de relancer le crédit bancaire. Dans ce contexte, Mario Draghi a quant à lui envisagé lundi de lancer un nouveau programme LTRO qui pourrait être concentré sur une maturité différente, mais surtout sur un collatéral différent du type «prêts aux PME», «ce qui pourrait susciter un intérêt renouvelé des banques», selon Natixis.
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