La BCE se prépare à un retrait progressif des mesures non conventionnelles
Le discours de la BCE semble évoluer. Dans un entretien accordé au journal allemand Bild, son président Mario Draghi estime que «le pire est passé». Et de préciser que «la situation s’est stabilisée. Les indicateurs clés de la zone euro, tels que l’inflation, la balance des comptes courants et, surtout, les déficits budgétaires, sont meilleures que, par exemple, aux Etats-Unis». Il reconnaît en outre le «rôle modèle» de l’Allemagne en Europe ainsi qu’au sein de la BCE, qui a «internalisé» la culture orthodoxe de la locomotive de la zone euro. Et d’alerter sur le fait que dans le cas d’une détérioration des anticipations d’inflation, l’autorité monétaire «agirait immédiatement de manière préventive».
A court terme, le risque inflationniste reste faible, avec une progression des salaires horaires qui est historiquement faible. En tenant compte des augmentations d’impôts et du prix du pétrole, Mario Draghi estime que l’inflation reste stable à environ 1,5%. A plus long terme, il indique que les mesures de prêts aux banques ne sont pas de nature inflationniste. D’ailleurs, les points morts d’inflation à 10 ans sont «assez stables, et plutôt inférieurs à leur moyenne de long terme» estime Natixis. Et d’ajouter qu’en la matière, «beaucoup dépendra de la stratégie de sortie de la BCE. Si celle-ci parvient à « gérer » la normalisation de son bilan en tenant compte de toutes les contraintes (croissance, liquidité interbancaire et de marché, etc…), alors le risque inflationniste restera faible».
Faut-il voir dans ces propos un revirement progressif de la politique d’assouplissement menée par la BCE ? Mario Draghi précise que «la confiance des investisseurs revient et la BCE n’a pas eu à racheter des obligations d’Etat depuis des semaines» et que «la balle est dans le camp des gouvernements». Le programme de rachats de 40 milliards d’euros de «covered bonds» par la BCE a atteint mardi dernier un montant de 8,7 milliards d’euros depuis son lancement en novembre dernier, selon le Financial Times. Un rythme bien inférieur au dernier programme qui avait vu le montant des rachats atteindre 17 milliards d’euros dans le même laps de temps. L’amélioration des conditions dans la zone après le lancement des deux LTRO, ainsi que les craintes qu’une prolongation du programme incite les gouvernements à différer les politiques de réduction budgétaires poussent les banquiers centraux à estimer que ce programme ne serait plus nécessaire.
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