La BCE se pose en arbitre du débat européen sur la gestion de la crise
Le message de la BCE est clair: n’attendez pas que la banque centrale intervienne massivement pour secourir l’économie européenne. Dans le débat qui divise l’Europe entre l’Espagne et l’Italie qui souhaitent d’un côté une politique plus active d’intervention sur le marché secondaire pour enrayer la hausse des coûts de financement des Etats européens, et l’Allemagne de l’autre, la BCE prend une position intermédiaire.
Dans un entretien accordé au Financial Times, Benoît Cœuré, membre du directoire chargé des opérations de marché à la BCE, indique que la banque centrale devrait discuter d’une baisse des taux lors de sa prochaine réunion de politique monétaire. Mais de préciser qu’une baisse de taux «pourrait peut-être fournir un certain soutien, mais, à l’instar de tout ce que nous faisons dans cette période charnière, ça ne résoudrait certainement pas les problèmes fondamentaux».
Plus symboliquement, Benoît Cœuré s’est dit favorable, à l’instar du souhait exprimé par Mario Monti au G20, à une utilisation du FESF pour racheter sur le marché secondaire des obligations souveraines des pays de la zone euro en difficulté. «Pourquoi le FESF a été autorisé il y a près d’un an à effectuer des interventions sur le marché secondaire et les gouvernements n’ont pas encore choisi d’utiliser ce levier est certainement un mystère» s’est-il ainsi étonné. Une solution qualifiée plus tôt par Angela Merkel comme «purement théorique» et «pas sur la table des négociations» actuelles.
Selon les règles du FESF, la BCE doit être consultée avant toute intervention sur le marché secondaire. Benoît Cœuré estime que «les circonstances actuelles justifieraient certainement une intervention du FESF», la hausse des rendements ne reflètant pas les fondamentaux mais plutôt «l’anxiété des marchés face aux décisions politiques qui doivent être prises, en particulier en Espagne pour régler les problèmes de son secteur bancaire». Pour que cette intervention soit efficace, «ses engagements doivent être illimités» estime cependant Barclays Capital.
Pourtant, Benoit Cœuré a écarté d’un revers de main toute réactivation du programme SMP de la BCE. Une option souhaitée par Madrid. «Nous ne pensons pas que le SMP soit le meilleur instrument à notre disposition dans la conjoncture actuelle» a-t-il ainsi expliqué. Et de botter en touche sur un rôle accru de la BCE en expliquant qu’après trois ans de crise en Europe durant lesquels des mesures de court terme ont été testées et éprouvées, «des questions plus profondes nous sont posées».
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