La BCE reste attentiste face aux signes de stabilisation de l'économie
L’économie européenne est en voie de stabilisation. C’est ce qu’a assuré le président de la BCE, Mario Draghi, à l’issue de la réunion du Conseil des gouverneurs hier. Ce qui n’a pas empêché la BCE de revoir à la baisse ses prévisions de croissance à -0,1% pour 2012 (contre +0,3% en décembre) et 1,1% pour 2013 (contre 1,3%). Les gouverneurs n’ont même pas discuté d’une baisse du refi en dessous de 1%. Il faut dire que, hausse du prix du pétrole aidant, les prévisions d’inflation ont été revues à la hausse, à 2,4% cette année (contre 2%) et 1,6% l’année suivante (contre 1,5%). Par ailleurs, le successeur de Jean-Claude Trichet a jugé que les deux opérations de refinancement à trois ans (LTRO) «ont été un succès incontestable».
Mario Draghi en veut pour preuve le retour en Europe des fonds monétaires américains, des fonds de pensions et des fonds d’investissement. D’après lui, le marché interbancaire est en train de se rouvrir, même si c’est seulement à court terme et d’abord dans le cadre national. Le président de la BCE a assuré que selon un sondage interne à la Banque, la distribution de crédit augmente depuis la 1re LTRO. Il s’est aussi félicité que 800 banques aient profité du guichet de la BCE en février (contre 523 en décembre) dont... 460 banques allemandes.
«L’argent est maintenant plus proche des petites et moyennes entreprises», a-t-il expliqué. L’élargissement des critères de collatéral a aussi rencontré un franc succès. 53 milliards d’euros de créances nouvelles ont été apportées à la BCE. Les banques françaises, pourtant surcollatéralisées, ont apporté près 40 milliards d’euros de ces créances contre 3 milliards pour les banques italiennes.
«Il est faux de dire que le risque porté par le bilan de la BCE est plus élevé qu’aux Etats-Unis ou en Europe», a par ailleurs martelé Mario Draghi. Il s’est inscrit en faux contre les analystes qui rapportent le bilan total de la BCE au PIB européen. Selon lui, il faut regarder le ratio des instruments de politique monétaire sur le PIB. Il est de 15% dans l’Union, contre 19% aux Etats-Unis, et 21% en Grande-Bretagne. Enfin, il a relativisé les dissensions au sein de la BCE au sujet du système interbancaire «Target2» ainsi que les risques révélés par celui-ci et pointés du doigt par le président de la Bundesbank. «La BCE est entrée dans une période prolongée d’attentisme», estiment dès lors les analystes d’UniCredit.
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