«La BCE pourrait encourager les banques européennes à vendre leurs titres»

Matthieu Louanges, responsable des activités de Pimco en France
Patrick Aussannaire

- L’Agefi : La BCE va-t-elle manquer de titres à racheter ?

- Matthieu Louanges : Les contraintes réglementaires, comptables et de gestion actif-passif devraient freiner les ventes de la part des compagnies d’assurances par exemple, quand on observe les émissions brutes, mais les achats de la BCE seront largement inférieurs aux émissions nouvelles. Depuis début mars, la BCE et les banques centrales nationales achètent des titres de manière quotidienne, sur toute la courbe avec un impact fort. Les vendeurs réalisent leurs profits pour ensuite redéployer leur capital vers des obligations à rendement plus élevés ou vers d’autres classes d’actifs comme les actions. Les banques européennes, premiers détenteurs de dettes souveraine, devraient suivre. En revanche, les compagnies d’assurance et les fonds de pension devraient être plus réticents à vendre des titres qui affichent des coupons et rendements comptables élevés par rapport au marché actuel.

- Quelle mesure peut-elle mettre en place pour atteindre son objectif ?

- La BCE pourrait, en tant qu’autorité de supervision, encourager les banques européennes à vendre leurs titres. La réalisation de gains améliorerait la position en capital de ces banques, tandis que l’augmentation des réserves à la banque centrale, en échange de ces ventes, peut être, dans un environnement de taux très bas, un substitut aux titres souverains tout en permettant de respecter les ratios de liquidité réglementaires. Par ailleurs, la décision de la BCE début avril de se disposer à prêter une partie des titres achetés dans le cadre du PSPP devrait aussi encourager les ventes de la part des investisseurs européens.

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