La BCE peut officiellement commencer ses achats de titrisations
Dès aujourd’hui, la Banque centrale européenne (BCE) pourrait commencer à acheter des titrisations européennes. Le fonctionnement du programme d’achat, annoncé en septembre dernier, a été formalisé dans un texte juridique publié sur le site de l’institution hier.
Censés durer au moins deux ans, ces achats de titrisations devraient permettre à la BCE d’augmenter son bilan de 1.000 milliards d’euros maximum. Les achats d’obligations sécurisées et les opérations de refinancement ciblées sur l’économie réelle (TLTRO), qui ont déjà commencé, contribueront également à l’augmentation du bilan. Le programme d’achats d’ABS doit faciliter la distribution de crédits aux acteurs de l’économie réelle et contribuer à l’assouplissement des conditions monétaires alors que la zone euro peine à retrouver la croissance. La BCE espère ramener l’inflation vers sa cible «proche de 2%» alors que le taux d’inflation dans la zone était de 0,4% en octobre, selon Eurostat.
Le texte juridique publié hier récapitule les caractéristiques des titrisations qui seront achetées. Ces modalités de fonctionnement avaient été présentées dès le mois d’octobre. La BCE interviendra sur le marché primaire et secondaire pour acheter des titrisations bien notées, adossées à des prêts au secteur non financier européen ou à des particuliers. La BCE pourra aussi acheter des tranches de titrisations qui ont été retenues par les établissements bancaires à condition qu’un investisseur extérieur achète aussi une part des tranches. Afin de ne pas cannibaliser le marché, l’institution s’engage à ne pas acheter plus de 70% d’une même tranche. La BCE a par ailleurs assuré qu’elle pourrait acheter des tranches de titrisations mezzanines garanties mais n’a pas donné plus de détails sur ce point.
Après avoir été conseillée par Blackrock pour mettre en place le programme d’achats d’ABS, la BCE a nommé, à l’issue d’un appel d’offres, quatre gérants d’actifs pour exécuter les achats: Amundi, Deutsche Asset & Wealth Management International, ING Investment Management et State Street Global Advisors. La décision d’acheter les titres restera du seul ressort de l’Eurosystème.
Le texte publié hier précise que les achats devront être réalisés «exceptionnellement, durant la phase initiale, de manière centralisée». Ce n’est que dans un deuxième temps qu’ils seront mis en œuvre de manière «décentralisée par les banques centrales de l’Eurosystème».
Plus d'articles du même thème
-
La Fed passe son tour, Jerome Powell aussi
La Réserve fédérale américaine maintient ses taux inchangés mais conserve un « biais accommodant ». Jerome Powell restera gouverneur de l'institution pour une durée indéterminée à la fin de son mandat de président. -
Les prix du gaz naturel européen redeviennent une préoccupation
Les cours de l’énergie ont à nouveau bondi mercredi après des informations selon lesquelles le président Donald Trump aurait demandé à ses conseillers de se préparer à un blocus prolongé de l’Iran. Un décalage d’un mois ne serait pas dramatique pour les prix du gaz européen. Un décalage de deux mois pourrait en revanche changer le calendrier de reconstitution des stocks, et causer un cercle vicieux pouvant ramener les cours TTF au-dessus de 100 euros/MWh. -
L'érosion des frais d'investissement s'accentue
Selon l’Autorité des marchés financiers, les coûts des placements poursuivent leur repli en 2025. Une dynamique portée par la gestion indicielle et la montée des acteurs à bas coût. -
Michelin confirme ses objectifs 2026
En dépit de facturations en recul au 31 mars, pénalisées par les changes, le fabricant de pneumatiques anticipe toujours une génération de cash-flow libre avant acquisitions supérieure à 1,6 milliard d'euros en 2026. -
Le Parlement change de braquet contre la fraude fiscale
Un accord trouvé en commission mixte paritaire ouvre la voie à un arsenal renforcé contre la fraude fiscale, et élargit les obligations déclaratives en matière de lutte anti-blanchiment à de nouveaux acteurs. -
Bitstack veut devenir le compte principal de ses clients
La fintech française, spécialisée dans l’épargne en bitcoin, veut offrir à ses clients dans les prochains mois un compte en euros avec un IBAN français. Elle a levé 15 millions de dollars en décembre dernier.
ETF à la Une
AllianzGI va bientôt lancer ses premiers ETF actifs en Europe
Contenu de nos partenaires
-
Action-réactionCéline Calvez (EPR) : « L’audiovisuel public sera une problématique incontournable de la prochaine présidentielle »
La députée macroniste, vice-présidente de la commission d'enquête sur l'audiovisuel public, revient sur le rapport de Charles Alloncle et dévoile la contribution que va déposer son groupe -
Fait minoritairePrésidentielle : les candidats s'inquiètent déjà de leur future majorité
Dans un entretien à l'AFP, Marine Le Pen estime qu'il serait préférable de gagner face à Edouard Philippe plutôt que Jean-Luc Mélenchon, pour revendiquer une victoire de choix et non de rejet. Une façon de jouer l'apaisement alors que certains craignent de ne pas disposer d'une majorité pour gouverner -
Vieille lune« Démarchandisation » : Boris Vallaud, marchand de rêves
Le rival d'Olivier Faure au PS, Boris Vallaud, tente de renouveler les idées de la gauche. Son concept de « démarchandisation » passe à côté de nombreux problèmes économiques et sociaux de la France