«La BCE ne se soucie pas excessivement de la force de l’euro face au dollar»
Matthieu Louanges, vice-président exécutif chez Pimco
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Solenn Poullennec
- L’Agefi : Jusqu’à quand l’euro/dollar pourrait-il rester au-dessus de 1,35 ?
- Matthieu Louanges : Le cours de l’euro contre le dollar, toutes choses égales par ailleurs, devrait en principe baisser au fur et à mesure que la politique monétaire de la Fed devient moins expansionniste et se resserre. Le mouvement de baisse de l’euro et de hausse du dollar depuis mercredi soir, à la suite de la dernière réunion du comité de politique monétaire (FOMC), illustre cette relation. La politique monétaire relativement moins expansionniste de la BCE a soutenu l’euro et à l’avenir nous nous attendons à moins de soutien venant de cet aspect. Il y a néanmoins des facteurs qui devraient continuer à soutenir l’euro sur le moyen terme : d’une part, les faibles importations dues à la croissance basse expliquent l’augmentation du surplus commercial, et d’autre part le positionnement des investisseurs internationaux, qui ont fui l’euro pendant la crise des dettes souveraines européennes, est plutôt un facteur de soutien d’un point de vue technique.
- La BCE doit-elle se soucier du niveau actuel de l’euro/dollar et que pourrait-elle faire pour l’abaisser ?
- Au niveau actuel, nous ne pensons pas que la BCE se soucie excessivement de la parité euro/dollar. Dans le cas d’un mouvement haussier prononcé, la BCE pourrait intervenir de différentes manières, d’abord en renforçant le caractère accommodant de sa politique monétaire, par des injections de liquidité et une baisse des taux par exemple. En cas extrême, une intervention sur les marchés des changes, en coordination avec d’autres banques centrales, pourrait être envisagée mais cela ne semble pas d’actualité.
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