« La BCE ne montera ses taux qu’en cas de dérapage des prix et des salaires »
explique Henri Delessy, économiste à La Banque Postale
Publié le
Ajouter à vos sources préférées
Ajouter en favori
Propos recueillis par Tân Le Quang
L’Agefi : Vous voyez la BCE laisser son taux directeur à 4 % au cours des six prochains mois en dépit des risques inflationnistes en zone euro. Pourquoi ?
Henri Delessy : Parce que la croissance européenne ralentit et qu’elle est menacée d’un coup de frein sévère si les Etats-Unis tombent en récession. Dans ce cas, le dynamisme des pays émergents, qui soutient pour l’instant l’activité mondiale, serait entamé par le recul des importations américaines. Or une récession outre-Atlantique ne peut toujours pas être écartée et cette hypothèque ne sera pas levée avant plusieurs mois. Ajoutons qu’elle s’accompagnerait sûrement d’une rechute du dollar douloureuse pour l’industrie européenne. Compte tenu de ces risques, la BCE sera très prudente, tout en multipliant les mises en garde pour ancrer les anticipations d’inflation et dissuader les comportements d’indexation. Cela dit, si un dérapage général des prix et des salaires s’enclenche suite aux tensions sur les produits de base, la banque centrale n’aura pas d’autre choix que de monter ses taux, sauf à mettre en péril sa crédibilité.
Après les mauvais chiffres de l’emploi américain, peut-on s’attendre à un plus large assouplissement des conditions de crédit de la part de la Fed ?
Il est probable que notre prévision d’une baisse de 25 points de base à 4 % lors du FOMC de fin janvier soit maintenant trop faible et qu’il faille tabler sur 50 points. Soulignons néanmoins que les chiffres de l’emploi sont sujets à de fortes révisions et qu’ils sont volatils, tout comme le taux de chômage. Or, après lissage statistique, ces données ne montrent pas pour l’instant d’accentuation de la dégradation progressive du marché du travail que l’on observe depuis fin 2006.
Ce phénomène météorologique s’installe et risque de perturber les productions agricoles, énergétiques et minières dans différentes zones du monde. Un facteur déstabilisant qui s’ajoute aux effets du blocage du détroit d’Ormuz et aux tensions géopolitiques.
Après l'échec d'ultimes tractations samedi 22 août, le Canada annonce des droits de douane de rétorsion à compter du 8 septembre qui correspondront aux "tariffs" américains, "dollar pour dollar".
Les conséquences économiques des températures et de la sécheresse exceptionnelles cet été sont à venir. Les impacts sont multiples, du niveau bas des rivières à l’effet négatif sur la productivité en passant par les rendements agricoles. Elles touchent de nombreux secteurs, avec des répercussions sur la croissance et l’inflation, qui s’ajoutent aux prix élevés du pétrole et du gaz.
L’activité sur le marché primaire crédit euro a nettement repris avec 20 milliards d’émissions. Les banques ont surpris avec des émissions de titres subordonnés. Côté corporate, Thales a émis des obligations dans le cadre du refinancement de l’acquisition d’Exail.
Le compte à rebours est peut-être lancé pour les ETF World, S&P 500 et Nasdaq logés dans le PEA. Une note interprofessionnelle du 24 juillet 2026 laisse entrevoir la fin de l'éligibilité des ETF synthétiques exposés hors Europe, au PEA.
Après plus d'un an de patience et de conciliation, le Premier ministre canadien a claqué la porte des négociations commerciales et choisi de répliquer « dollar pour dollar » aux menaces américaines
Avec son projet radical et global, le candidat LFI à la présidentielle séduit parmi ceux qui veulent « changer la société ». Mais son irréalisme financier et sa méthode autoritaire soulèvent d’importantes interrogations