La BCE ne devrait infléchir sa politique monétaire qu’au cours du deuxième trimestre
76 % des membres du panel Agefi Taux & Change anticipent une baisse d’au moins 25 pb des taux en zone euro à 3,75 % d’ici à 6 mois
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Tân Le Quang
Malgré un écart de taux entre Europe et Etats-Unis de 100 points de base (pb) et un euro/dollar proche du seuil critique de 1,50, la BCE ne devrait infléchir sa politique monétaire qu’au deuxième trimestre. C’est ce qui ressort du Panel Agefi Taux & Change réalisé auprès de 25 participants avant la baisse, mercredi dernier, de 50 pb des Fed funds. De fait, même si l’idée d’un maintien du taux de refinancement en zone euro à 4 % au cours des 3 prochains mois a perdu du terrain, les membres du Panel sont encore 68 % à défendre cette thèse (contre 96 % en janvier). Ce recul s’explique par l'émergence du scénario d’une baisse de taux de 25 pb à 3,75 % avant mai, qui est partagé par 28 % des membres. Mais c’est à horizon 6 mois qu’ils anticipent majoritairement (à 76 %) un revirement de la politique monétaire de la banque centrale, 48 % des membres jouant un geste de soutien monétaire de 25 pb et 28 % (dont Barclays Capital, Groupama AM, Natixis) une réduction totale de 50 pb à 3,50 %. Une minorité de 20 % (Aurel, Bank of America, JPMorgan, La Banque Postale, Morgan Stanley) croit au maintien du refi à 4 % au moins pendant 6 mois, contre 67 % auparavant.
Ces résultats suggèrent que la BCE pourrait attendre l’entame du deuxième trimestre avant d’avoir des signes tangibles du ralentissement de l’activité économique et de l’inflation. Une révision à la baisse de ses prévisions de croissance 2008 en Europe, récemment évoquée par certains de ces membres, pourrait jouer le rôle de catalyseur à une inflexion du discours. Pour l’heure, ce dernier, axé sur la stabilité des prix, a été conforté par un taux d’inflation estimé en janvier en zone euro à 3,2 % et une masse monétaire M3 qui ne semble pas marquer le pas. De plus, les participants n’anticipent pas de crise du dollar, la prévision médiane pour l’euro/dollar s'établissant à 1,47 à 3 mois et 1,45 à 6 mois, contre respectivement 1,46 et 1,43 en janvier.
Après 125 pb de baisses de taux en l’espace de quinze jours, la Fed devrait poursuivre son assouplissement monétaire. Le panel table sur des Fed funds à 2,75 % d’ici à 3 mois et à 2,50 % d’ici à 6 mois. Commerzbank les voit même à 2,25 % avant mai. Au Royaume-Uni, la Banque d’Angleterre, qui attend son rapport d’inflation de février pour éclairer le marché sur sa politique de taux, devrait, selon l’enquête, suivre son homologue américaine en réduisant ses taux de 50 à 100 pb d’ici à fin juillet.
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