La BCE ne croit pas que les effets bénéfiques des LTRO s’estompent
La BCE reste sur sa ligne. Réuni à Barcelone hier, le Conseil des gouverneurs n’a même pas évoqué la possibilité de modifier le taux de refinancement à 1%. Le président de l’institution est resté très prudent sur l’évolution de la situation économique et a détaillé son idée d’un «pacte de croissance».
Alors que l’indice PMI a témoigné d’une nouvelle contraction de l’activité économique dans la zone en avril, Mario Draghi a convenu que «les derniers enseignements des enquêtes révèlent des incertitudes persistantes». Il continue cependant d’anticiper une «reprise graduelle de l’économie au cours de cette année». Les risques de baisse ou de hausse de l’inflation sont qualifiés d'«équilibrés», ce qui pour les analystes de Crédit Agricole CIB laisse encore la porte ouverte à un nouvel assouplissement.
Cependant, Mario Draghi ne croit pas que les effets positifs des opérations de refinancement à long terme (LTRO) soient pleinement réalisés et commencent à s’estomper. La dernière enquête trimestrielle sur le crédit a montré un moindre resserrement des conditions de prêt. La base des dépôts dans les banques des pays en difficultés se renforce depuis janvier. Enfin, des indicateurs de marchés comme la volatilité se détendent. Pour les analystes de Barclays Capital, la principale décision que la BCE devrait prendre à court terme est d’annoncer en juin jusqu'à janvier 2013 la prolongation des opérations de refinancement illimitées à une semaine, un mois et 3 mois.
Par ailleurs, Mario Draghi a explicité le concept de «pacte de croissance» (growth pact). Il avait déjà avancé cette idée sans la détailler et suscité de nombreuses réactions politiques. Hier, il a d’abord mis les points sur les i : «Il n’y a absolument aucune contradiction entre un pacte de croissance et le traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance dans l’Union [fiscal compact]».
S’il n’est pas question de remettre en cause les objectifs d’assainissement budgétaire, Mario Draghi a souligné qu’il était plus pertinent de réduire les dépenses courantes qu’augmenter les impôts. Le pacte de croissance passerait par le renforcement du marché unique, la réforme des marchés du travail (pour les rendre plus flexibles, équitables et favorables à la mobilité). Enfin, le président souhaiterait que les Européens suivent une feuille de route des réformes à mettre en œuvre pour la décennie.
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