La BCE muscle son discours sur le caractère accommodant de sa politique
La Banque centrale européenne (BCE) a décidé de maintenir ses taux inchangés hier, comme attendu, mais son président s’est montré plus déterminé que jamais à assouplir la politique monétaire, si cela s’avérait nécessaire. Une attitude qui, selon certains économistes, laisse penser qu’un assouplissement quantitatif est probable.
L’analyse de la BCE sur la situation économique de la zone euro n’a guère changé depuis le mois dernier : la reprise est attendue lente et faible. Quant à l’inflation, elle devrait rester très contenue pendant encore longtemps même si l’objectif de maintien de la stabilité des prix n’est pas menacé. La faiblesse de l’inflation, à 0,8% au mois de décembre contre 0,9% un mois plus tôt, est attribuée à des changements de méthode statistique en Allemagne.
Le diagnostic a beau être le même qu’en novembre, Mario Draghi a utilisé un langage bien plus musclé qu’à l’accoutumée : «Nous insistons fortement sur le fait que la politique monétaire va rester accommodante aussi longtemps que nécessaire (...) nous réitérons fermement notre politique d’orientation des anticipations (forward guidance)», a-t-il déclaré.
Interrogé sur les outils qui sont à sa disposition en cas d’aggravation de la situation, Mario Draghi se dit prêt à «utiliser tous les instruments qui sont autorisés par les traités», tout en se refusant à préciser si le QE en fait partie. Il précise que deux éléments seraient déterminants pour le pousser à agir : un regain de tension sur les marchés monétaires et une aggravation des perspectives d’inflation, ou plutôt de désinflation. Les banquiers centraux semblent «un peu plus inquiets que ces derniers mois», estime Jean-Louis Mourier, économiste chez Aurel BGC. «Le conseil ne voit pas de besoin urgent d’agir mais il ne veut laisser personne douter qu’il est décidé, capable et prêt à agir demain pour préserver la stabilité des prix», analyse son homologue Richard Barwell, chez RBS. Le président de la BCE s’est refusé à énumérer quels outils il pourrait utiliser et sous quelles conditions.
«Nous continuons à penser que des forces désinflationnistes persistantes dans la zone euro pousseront la BCE à assouplir davantage sa politique, avec des achats d’actifs sur la table», assure Ken Wattret chez BNP Paribas CIB. Pour les économistes de Deutsche Bank aussi, la probabilité d’un assouplissement quantitatif augmente.
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