La BCE lève le voile sur le prêt-emprunt de dettes souveraines
Comment fonctionne le marché du prêt-emprunt de titres de dette souveraine ? Dans sa dernière revue de stabilité financière, la BCE soulève un coin du voile sur ce segment pour lequel il existe peu de données publiques, et qui fait partie, selon l’institution, «du système mondial de shadow banking». Or l’étude fait apparaître un lien entre les volumes traités et la situation de certains Etats en difficulté.
A fin 2010, la valeur des emprunts d’Etat en zone euro susceptibles d’être prêtés atteignait 561 milliards d’euros, soit 9,1% du stock de dette, selon DataExplorers et les calculs de la banque centrale. Les volumes de titres effectivement prêtés se montaient à 218 milliards, soit 3,5 % de l’encours. Les dettes allemande, française, néerlandaise, italienne et autrichienne sont, dans cet ordre, les plus traitées. La BCE souligne que «le prêt-emprunt de titres est très important pour fluidifier le fonctionnement des marchés, car il facilite entre autres, le règlement des transactions, le market making et la vente à découvert». Les titres empruntés sont souvent aussi utilisés dans des opérations de repo sur les marchés ou auprès des banques centrales.
En novembre 2011, les ordres de grandeur étaient à peu près les mêmes. La BCE note cependant des variations dans les volumes traités, notamment à l’approche des grands sommets européens. «La hausse des dettes souveraines disponibles au prêt, avant l’adoption de mesures clés de résolution de crise, pourrait suggérer une activité plus élevée de vente à découvert avant ces rendez-vous», estime la banque centrale.
Celle-ci relève aussi des traits communs entre les marchés du prêt-emprunt pour la Grèce, l’Irlande et le Portugal. Première phase: la valeur des titres pouvant faire l’objet d’un prêt a commencé à diminuer bien avant que ces pays ne fassent appel à l’aide du FMI et de l’Union européenne. Cette évolution reflète aussi la dépréciation de leur dette sur le marché secondaire. Deuxième phase: les volumes augmentent pour la Grèce et l’Irlande juste avant leur sauvetage, «probablement en raison d’une hausse des ventes à découvert». Dans un troisième temps, les montants repartent nettement à la baisse, jusqu’à être quasiment nuls aujourd’hui pour la Grèce.
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