La BCE garde en réserve l’arme de la baisse des taux
La Banque centrale européenne a maintenu son principal taux directeur à 0,75%, se réservant une marge de manœuvre pour la suite
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Krystèle Tachdjian
Comme l’avaient anticipé les marchés, la Banque centrale européenne a laissé hier inchangés ses principaux taux directeurs à l’issue de la réunion du conseil des gouverneurs. Depuis le mois de juillet, le taux de refinancement est donc maintenu à 0,75%, son plus bas niveau historique, et le taux de dépôt reste à 0%.
Alors que l’économie de la zone euro a du mal à se redresser, le risque était grand de voir une nouvelle baisse prématurée des taux directeurs être privée d’efficacité. Pour la suite, les analystes sont partagés. Certains estiment toutefois que l’institution n’aura pas le choix et devra ramener le taux de financement à 0,50% lors de sa prochaine réunion en décembre ou au début de l’année prochaine.
Lucide, Mario Draghi le président de la BCE a reconnu que l’activité économique devrait rester faible d’ici la fin de l’année, et en 2013 également. Emboîtant le pas à la Commission européenne, il a clairement ouvert la porte à une révision à la baisse des prévisions de croissance de l’institution pour les pays de la zone euro en décembre. Interrogé sur le fait de savoir s’il y avait urgence à ce que l’Espagne appelle à l’aide, le banquier central a répété que la balle était dans le camp madrilène, tout en se déclarant une fois de plus «prêt à agir». Mais le lancement du programme de rachat de dettes à court terme reste conditionné à une demande d’aide préalable de l’Espagne auprès du MES (Mécanisme européen de stabilité).
Malgré une conjoncture déprimée, Mario Draghi s’est félicité de la détente des conditions de marché permise par la simple annonce du nouveau programme de rachat de dettes, l’OMT, en septembre. La BCE a mis en avant hier le renforcement de la confiance des investisseurs, et le retour des fonds monétaires américains qui recommencent à prêter aux banques. «La situation est encore loin d’être satisfaisante. Les banques de la zone euro restent très concentrées sur leur marché domestique. Les marchés financiers de la zone euro restent fragmentés», relativise Jean-Louis Mourier, économiste chez Aurel BGC. Après plusieurs semaines d’accalmie, les taux des pays périphériques sont repartis hier de l’avant en raison notamment des incertitudes entourant l’Espagne, marquant encore plus la division des pays de l’union en deux ligues.
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