La BCE a déjà fait beaucoup pour la Grèce. A l’avenir, elle pourrait faire encore beaucoup plus sans même le laisser paraître... Regardons bien les choses d’abord. Le problème de financement de l’économie grecque va au-delà de la crise souveraine. Sur les 550 milliards de dette extérieure accumulée par ce pays (158% du PIB), 300 milliards sont certes de la dette publique, mais 160 milliards sont de la dette bancaire. Car ce sont bien les banques grecques qui financent pour l’essentiel le gouvernement hellénique. Et ces banques se refinancent auprès des marchés européens, si bien que 85% de la dette extérieure grecque est détenue par les autres pays de la zone euro, près de la moitié dans les portefeuilles d’assureurs, de banques et autres institutions financières françaises et allemandes. Aider la Grèce c’est donc assurer la stabilité du système financier de la zone euro, une tâche qui incombe à la BCE.
Et la BCE a fait beaucoup. Avoir abaissé temporairement le seuil minimal de notation de trois crans pour les papiers acceptés en pension à la banque centrale (de «A-» à «BBB-», la Grèce est deux crans au-dessus) c’est prévenir contre le cycle des downgrades qui accompagne inexorablement une crise économique. Acheter des obligations bancaires sécurisées c’est aider le refinancement à moindre coût de la plupart des banques européennes. National Bank of Greece a émis 1 milliard d’euros d’obligations sécurisées «jumbo» l’année dernière, les banques espagnoles sont des émetteurs traditionnels de ce segment, les irlandaises y sont également présentes. On ne parle pas des baisses de taux....
La BCE pourrait faire encore beaucoup sans même le laisser paraître: 1/ prolonger l’abaissement temporaire du seuil minimum de notation pour les dettes éligibles au-delà du 31 décembre 2010, pour garantir l’intérêt des marchés envers les titres grecs; 2/ étendre le programme d’achat d’obligations sécurisées au-delà du 30 juin 2010. Comme le remarquait aussi Jean-Claude Trichet, le président de la BCE, «en appartenant à la zone euro, vous êtes aidés, automatiquement».
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