La BCE et le FESF évaluent leur options dans le dossier grec
La Facilité européenne de stabilité financière (FESF) et la BCE jouent une partie serrée dans le dossier grec. Les deux institutions ont dû prendre acte hier du non-paiement des 1,5 milliard d’euros dus par Athènes au FMI le 30 juin. Un arriéré de paiement qui, sur le papier, peut en théorie aboutir à couper les banques grecques de la ligne de liquidité d’urgence (ELA) de la BCE, et à déclencher un défaut de la Grèce sur sa dette encore aux mains du secteur privé.
Les deux institutions ont une partie d’autant moins facile à jouer que la journée de mercredi a de quoi donner le tournis: double discours du Premier ministre grec Alexis Tsipras se disant prêt à accepter l’offre de ses créanciers tout en appelant encore à voter «non» au référendum du 5 juillet, opposition entre François Hollande et Angela Merkel sur la conduite à tenir… Dans ce contexte, les ministres des Finances de la zone euro ont décidé hier soir d’attendre le résultat du référendum pour reprendre les discussions avec Athènes. Aucun autre Eurogroupe n’aura lieu d’ici là, sauf rebondissement. L’objectif du gouvernement grec est de parvenir à un accord lundi, a déclaré de son côté le ministre des Finances, Yanis Varoufakis.
Le non-paiement du FMI «constitue un événement de défaut pour certains prêts du FESF», a indiqué hier le fonds. Klaus Regling, directeur général du FESF, a donc informé hier son conseil et le président de l’Eurogroupe de la situation. La procédure offre trois choix au fonds: demander le remboursement immédiat des sommes qui lui sont dues par la Grèce, renoncer à ses droits (waiver of rights) pour ce cas précis, ou se réserver la possibilité d’agir plus tard (reservation of rights). La première option équivalait, par le jeu de clauses cross-default, à mettre la Grèce en défaut sur certaines de ses obligations, et donc à exclure les banques grecques de l’ELA. Valdis Dombrovkis, vice-président de la Commission, a recommandé hier de choisir la troisième option. Elle permet de botter en touche jusqu’au résultat du vote sur le référendum.
Le conseil de la BCE a décidé de son côté de maintenir le niveau actuel de l’ELA, à 89 milliards d’euros. «La BCE devra faire face à ces choix difficiles pendant une longue période», estime Greg Fuzesi, économiste chez JPMorgan. Les besoins de liquidité des banques vont en effet aller croissant, même dans l’hypothèse d’un accord avec la Grèce.
Plus d'articles du même thème
-
Apple se résout à augmenter ses prix en raison de la pénurie de puces
Apple pourrait fortement augmenter les prix de ses futurs iPhone, Mac et iPad dès septembre, rattrapé à son tour par l'explosion de la demande mondiale en mémoire électronique pour l'IA. -
Le foncier rural reste en bonne santé
Selon la note d’Agrifrance sur 2025, le foncier viticole et les transactions sur les forêts ont grimpé en termes de valeur tandis que le foncier agricole poursuit sa baisse d'année en année. -
Philippe Taffin devient le nouveau président de l'Af2i
Le successeur d'Hubert Rodarie à la tête de l'association française des investisseurs institutionnels détaille ses convictions et ses chantiers prioritaires dans une interview à L'Agefi. -
La Banque nationale suisse maintient son taux directeur à zéro
La récente hausse de l’inflation jusqu’à 0,6% sur un an alimentée par la guerre en Iran n’a pas un effet comparable au risque mesuré chez d’autres économies. Les anticipations d’inflation à venir restent également très contenues, a estimé la BNS. -
Le discours sur IA remplace celui du choc énergétique
Le cycle d’investissement lié à l’IA porté par une poignée d’entreprises américaines, irrigue aujourd’hui toute la chaîne de valeur et a plus que compensé le choc énergétique -
Les résultats de la tech soutiennent la croissance
Portés par une vague de très bons résultats dans le secteur des semi-conducteurs aux États-Unis, les styles croissance et momentum ont très nettement surperformé
ETF à la Une
Generali Investments va lancer ses premiers ETF actifs en Europe
- Le chantier social prend du retard dans la fusion de BNP PAM et d'Axa IM
- Generali Investments va lancer ses premiers ETF actifs en Europe
- AIFM 2 : la transposition française de la directive prend beaucoup de retard
- Le régulateur américain veut encadrer les marchés de prédictions ciblés par les hedge funds
- La tokenisation change d’échelle
Contenu de nos partenaires
-
Coup de gommePour Donald Trump, l'« Indo-Pacifique » n'a plus lieu d'être, au grand dam de l'Inde
En rétablissant l'ancienne dénomination de leur plus important commandement militaire, les Etats-Unis relèguent au second plan New Delhi dans leur vision stratégique -
« Global Britain »Le Brexit aurait pu réussir si…
Il y a 10 ans, les Britanniques votaient par référendum en faveur du Brexit. Les experts sont unanimes, c'est un désastre économique. Cinq erreurs majeures ont été commises -
Cuba : le Parti communiste valide un virage vers davantage d’économie de marché
Le Parti communiste cubain a approuvé, mercredi 17 juin, une série de réformes économiques destinées à ouvrir davantage le pays à l’investissement privé. L’île traverse une crise économique d’une ampleur sans précédent depuis la chute de l’Union soviétique, aggravée par les pressions américaines