La BCE et l’Allemagne devront trouver un consensus sur la dette grecque
L’Allemagne n’a pas abandonné son projet de faire participer les créanciers privés au sauvetage de la Grèce de façon significative. La semaine dernière pourtant, alors que l’option d’un roulement volontaire de la dette détenue par les banques gagnait du terrain, l’Allemagne semblait prête à renoncer à une mise à contribution plus lourde du secteur financier.
Mais la lettre du ministre des Finances allemand, Wolfgang Schäuble adressée à Jean-Claude Trichet, le président de la BCE, et aux ministres des Finances de la zone euro lundi dernier laisse supposer que Berlin campe sur ses positions, peut-être pour des raisons de politique intérieure. Le dirigeant y plaide pour «une contribution quantifiée et substantielle de porteurs obligataires à l’effort, au-delà d’une pure initiative de Vienne» à poser comme principe lors de l’Ecofin du 20 juin. L’initiative de Vienne consiste à obtenir l’engagement des créanciers privés à racheter de nouveaux titres lorsque les précédents arrivent à maturité. Wolfgang Schäuble, lui, propose un échange des titres courts en titres longs, ce qui allongerait la maturité de ces lignes de 7 ans. «La position allemande est différente de celle de la BCE et de la France, analyse la recherche crédit de Tullett Prebon. La décision finale dans le refinancement grec sera probablement prise par la BCE».
Jean-Claude Trichet sera interrogé sur le sujet aujourd’hui lors de sa conférence de presse mensuelle. Il «devrait continuer à s’opposer à la notion d'échange de dettes tant que cette solution est considérée comme un événement de crédit», estiment les économistes de RBS qui surveilleront toutefois s’il ouvre la porte à un échange qui ne déclencherait pas un débouclage des CDS. Il s’agirait alors de la deuxième entorse de la BCE par rapport à son refus initial de tout type de restructuration lourde ou douce, Jean-Claude Trichet s'étant montré cette semaine favorable à une initiative de Vienne.
«Nous sommes dans une impasse difficile, commentent les économistes de marché de BNP Paribas. (…) Quelqu’un devra faire des concessions, soit l’Union européenne, soit la BCE, soit les agences de notation». Les points de vue divergent aussi entre banques. Le patron de JPMorgan en Allemagne a appelé hier à une participation des banques. A l’opposé, pour la Fédération bancaire allemande, les créanciers privés ne doivent être mis à contribution qu’en dernier ressort.
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